TEYSSIER Daniel Jacques [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 22 août 1956 à Aubenas (Ardéche) ; facteur ; CFDT, SAT, CNT, militant de la Fédération anarchiste.

Il est le fils de Teyssier Roger, né le 16 novembre 1929 à Vogüé (Ardéche), agriculteur, et de Lebre Renée, née le 27 octobre 1929 à Lablachère (Ardéche) qui était mère au foyer, militante catholique. Tous deux étaient de sensibilité de droite. Daniel Teyssier vit avec Marie Line Bardou qui est aussi militante CNT.
Après plusieurs petits boulots de juillet 1974 (ouvrier agricole, « plongeur » dans la restauration, employé communal à la voirie, il fut embauché comme auxiliaire au central téléphonique manuel d’Aubenas en juin 1975. Quelques mois plus tard il se présenta à différents concours des PTT (Agent d’exploitation et préposé) et après avoir été reçu, il fut nommé facteur en février 1977 à Lyon RP.

En mars 1978 à sa demande, il fut muté comme manutentionnaire au centre de tri de Lyon Gare puis, pour cause de suppression d’emploi, à Lyon Montrochet CT une semaine après. En 1993, toujours à sa demande, il fut nommé en Ardèche à Saint-Jean-le-Centenier pour exercer le métier de facteur. En 2001, pour cause de fermeture de bureau, il fut muté à Villeneuve de Berg où il était toujours en 2011 comme facteur.

Dès son arrivée à Lyon RP, il se syndiqua à la CFDT. Quelques mois plus tard, à l’automne 1977, la Commission exécutive de la section syndicale CFDT de Lyon gare fut suspendue par le syndicat PTT du Rhône. Aussitôt au sein de sa section (Lyon RP) il s’engagea aux côtés des exclus et, en interne, il se bagarra pour leur réintégration. Lutte qui n’aboutit pas et qui vit la création du SAT PTT (Syndicat Autogestionnaire des travailleurs) auquel il adhèra quasiment dès sa création en octobre 1978 où il retrouva des militants syndicalistes libertaires comme Roger Chambard*, Roland Brondel*, Georges Valéro*, René Jaubert et bien d’autres...

Affecté au service du transbordement nuit, il créa avec des militants comme Reydellet, Taveneau, Guttiriez, une section du SAT qui fut très active et mena des luttes très importantes pour l’augmentation des effectifs, des conditions de travail dans le service. La section (comme le syndicat d’ailleurs) n’étant pas reconnu, toutes les luttes impulsées furent basées sur le principe de « l’action directe » : délégation de masse, grève sans préavis, grève du zèle. La section SAT était très implantée dans le service (service très jeune et très combatif d’une moyenne d’âge de 30 ans), elle regroupait la très grosse majorité des militants syndicalistes. La CGT n’avait qu’une poignée de militants et la CFDT que des agents de maitrise.

Son activité syndicale a bien sûr attiré sur Daniel Teyssier (et d’autres camarades) l’attention de l’encadrement ; rapidement il fut mal noté ; un inspecteur l’ayant pris en grippe, suite à un rapport dénonçant une prise de parole où il avait (d’après lui) appelé à « briser les cadences ». En janvier 1984, il fut muté d’office dans un autre service (transbordement jour) où le SAT n’était pas implanté.

La répression syndicale, le localisme de son implantation, le manque de perspective de développement du syndicalisme que ses militants voulaient impulser et le fait que certains adhérents voulaient rejoindre une organisation de masse, le SAT fut auto-dissous le 1er semestre 1985. Le courant Syndicaliste révolutionnaire ou Anarcho-syndicaliste du SAT en contact avec des militants parisiens de la CNT-AIT depuis de nombreux mois (en septembre octobre 1984, le SAT avait participé à un meeting contre la répression syndicale à Paris co- organisé par le SAT, le SLT Usinor Dunkerque, le SDB (Syndicat Démocratique des banques) et la CNT-AIT) fonda cette même année le syndicat CNT-PTT du Rhône.

Daniel Teyssier fut élu trésorier du syndicat. Le syndicat CNT PTT ne regroupera jamais autant de militants que le SAT, mais son activité au centre de tri de Montrochet ne sera pas négligeable et il fut de toutes les luttes notamment de la grande grève d’octobre novembre 1988. Muté en Ardèche en 1993, il s’attela avec d’autres camarades à construire la CNT dans ce département ; lors des grèves de 1995, la CNT apparut pour la première fois dans les manifestations. Depuis lors, à chaque grand évènement social la CNT07 fut présente avec banderoles et drapeaux, comme en 2003 ou plus récemment encore lors des dernières grèves pour la défense des retraites en 2010 ou la CNT participa activement à l’intersyndicale (CGT- CFDT- FSU- SOLIDAIRES et CNT) du bassin d’Aubenas.

Parallèlement à son activité syndicale, ayant gardé des attaches en Ardèche, fin 1980, il fut contacté par des camarades d’Aubenas (Jean René Niel, Gilles Glaizal) qui venaient de créer le groupe anarchiste FA d’Aubenas. De sensibilité anarchiste depuis le lycée et lecteur du Monde libertaire depuis 1974, il adhéra à la FA en novembre 1980 dont il est toujours membre à ce jour. Dès sa création et jusqu’en 1984, le groupe décida de sortir un périodique d’agitation et de propagande : L’Agitateur et s’investit dans la vie politique et sociale de l’Ardèche méridionale. Aujourd’hui bien que minoritaire le courant libertaire est « reconnu » dans la vie politique et sociale du sud Ardèche.

ŒUVRE : - Quelques articles dans Le Monde libertaire et dans l’Agitateur (sans signature)—« Cinéma itinérant une expérience originale », l’Agitateur N°2 de mars 1981.—« Les transports en Ardèche » 1ére partie, l’Agitateur N°5 de février 1982.—« Les transports en Ardèche » 2éme partie, l’Agitateur N°6 de mai 1982—« Le Syndicalisme révolutionnaire en 1983 : aujourd’hui le S.A.T. », l’Agitateur N°11 de septembre 1983.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155765, notice TEYSSIER Daniel Jacques [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 5 avril 2014, dernière modification le 19 janvier 2019.

Par Hugues Lenoir

SOURCES : Témoignage direct, avril 2011.

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