Né le 11 (ou le 14) juillet 1905 à Kosowie Poleskim (Pologne), mort en 1952 en Pologne ; communiste libertaire réfugié en France. L’un des rédacteurs de la Plateforme.

Benjamin Goldberg était l’un des trois enfants du journaliste Abraham Goldberg et de la sculptrice Anna Rozanska. Le nom de Boresjsza fut utilisé dans la famille pour échapper au service militaire dans l’armée tsariste, et Benjamin Goldberg utilisa à l’occasion le pseudonyme de Jerzy Boresjsza. Après la séparation du couple en 1909, Benjamin et sa sœur furent élevés par leur père. Scolarisé dans une école juive, Benjamin adhéra en 1918 au groupe de jeunesse Hashomer Hatzair puis, en 1924, au groupe des Scouts libres, une association de gauche qui devint, lors de son IIIe congrès, l’Association des pionniers dont Benjamin fut nommé secrétaire. Arrêté à l’issue du congrès, Goldberg avait été également chargé d’éditer l’organe de l’association. À cette même époque, son frère Jozef avait été arrêté à la frontière allemande avec une valise de journaux anarchistes communistes, ce qui lui valut 6 mois d’emprisonnement.
Benjamin, d’abord sympathisant de la gauche radicale sioniste, devint anarchiste communiste.
Après son arrestation et pour le couper des influences anarchistes, son père décida de l’envoyer en France. D’abord installé à Toulouse pour y étudier l’architecture, il y noua rapidement des contacts avec les anarchistes locaux et fit plusieurs voyages en Espagne où il aurait rencontré notamment Durruti*. Puis il gagna Paris où il s’inscrivit comme étudiant à la Sorbonne et, sous le nom de Maxime Ranko, milita dès 1925 au Groupe anarchiste polonais de Paris et participa aux activités du Comité international de défense anarchiste (CIDA) dont le secrétaire était Séverin Ferandel*. Á partir de mars 1925 il fut l’éditeur du journal Naj mita, qui fut ensuite introduit clandestinement en Pologne, et collabora sans doute également au journal Walka (La Lutte). Il collaborait aussi au Libertaire ainsi qu’à Dielo Trouda (Paris, 1925-1930), l’organe du groupe anarchiste russe et polonais de Paris édité par Nestor Makhno* et Piotr Archinov*.
À partir de l’automne 1926 il eut pour compagne la jeune militante polonaise Aniela Wolberg* qui venait d’arriver en France.
Maxime Ranko participa à la rédaction de la Plateforme organisationnelle des anarchistes russes dite « Plateforme d’Archinov » et aux diverses discussions et affrontements qui s’en suivirent.
Le 12 février 1927, suite à une réunion tenue dans un café au 62, rue de la Roquette, à Paris 20e, il fut élu avec Nestor Makhno et le Chinois Chen (voir Wu Kegang) à un comité provisoire en vue de la création d’une internationale anarchiste fondée sur la « Plate-forme ». Il fut l’un des délégués – avec notamment Makhno, Isaak Gurfinkiel dit Jean Walecki*, Archinov, Bifolchi*, Chen, Luigi Fabbri, etc. – au congrès international tenu le 20 mars 1927 dans un cinéma de L’Haÿ-les-Roses. Comme l’ensemble des participants à ce congrès, interrompu par une descente de police, il fut arrêté.
Cette même année 1927, Ranko regagna la Pologne où il fut envoyé au service militaire et où, en 1929, il adhéra au Parti communiste. Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il gagna l’URSS dont il allait devenir un fidèle défenseur ; en 1942-1943 il fut volontaire dans l’Armée rouge. Puis il fut chargé à Moscou de l’organisation de l’Union des patriotes polonais, une organisation destinée à préparer la prise du pouvoir par les communistes en Pologne. Il y défendit toujours la thèse stalinienne du massacre des officiers polonais à Katyn par les nazis (en fait liquidés par les soviétiques) et fut l’un des architectes après guerre du contrôle et de la censure de la culture polonaise par l’Union soviétique. Toutefois son attitude favorable aux intellectuels polonais entraîna de sévères critiques de la part de l’aile la plus dure des staliniens qui le trouvaient trop indépendant.
Suite à un mystérieux accident de voiture en 1949 où il fut grièvement blessé, et à un cancer de l’estomac, il cessa toute activité publique et décéda en 1952. Il fut enterré à Varsovie.

SOURCES : Arch. PPo. BA/1900 — Notes de Nick Heath.

Rolf Dupuy

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