GALLAY Michel [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Né le 5 avril 1864 à Lyon (Rhône) ; ouvrier teinturier ; militant anarchiste de Lyon ; indicateur de la police.

En août 1883 Michel Gallay se fit inscrire au groupe anarchiste L’Etendard révolutionnaire. Deux mois plus tard, il il tenta, sans succès, de fonder un nouveau groupe avec quelques démissionnaires.

Le 11 février 1885 à la suite d’une réunion tenue par la Commission de protestation contre l’expulsion des locataires, il fut arrêté, dans un attroupement non armé, sur la voie publique, pour avoir sifflé le commissaire de police qui faisait les sommations légales. En conséquence, il fut condamné à 3 mois de prison, pour provocation à un attroupement.

En entendant prononcer sa condamnation, Gallay se retourna vers l’auditoire en criant : "vive l’anarchie" "vive la révolution sociale" ! cris aussitôt répétés par les anarchistes assez nombreux qui assistaient aux débats, ce qui a motivé l’évacuation de la salle par ordre du président du tribunal.

À sa sortie de prison, il adhéra au groupe anarchiste du 6ème arrondissement.
En mars 1886, il fut membre, avec quelques anarchistes mais surtout des socialistes-révolutionnaires, d’une commission destinée à faire pression sur la préfecture pour donner du travail aux ouvriers. Le 29 avril suivant, il fut condamné à deux francs d’amende, pour tapage nocturne, boulevard du Nord, en apposant des affiches de convocation à la réunion publique qui avait eu lieu, salle de la Perle, à la Croix-Rousse, le 29 mars précédent.

Par lettre datée du 20 janvier 1888, Michel Gallay sollicita auprès du Préfet du Rhône un emploi au sein de la police de la sûreté et fit valoir les services rendus en tant qu’indicateur des activités anarchistes. Le commissaire spécial Baraban confirma que Gallay avait bien été un “agent particulier pendant les derniers mois de l’année 1885 et en 1886, mais n’a pu continuer ayant été découvert” (lettre du 30 janvier 1888). La demande d’emploi fut toutefois rejetée.

Lors de la manifestation du 1er mai 1891, qui fut le théâtre d’incidents, Michel Gallay fut arrêté. Le lendemain, il fut condamné à 8 jours de prison pour outrages aux agents.

Toujours soumis aux mesures de surveillance, Michel Gallay écrivit à la préfecture le 22 juillet 1894 pour se défendre d’être anarchiste. Il rappela les renseignements qu’il avait fourni en tant qu’indicateur et qu’il était prêt à se rendre utile une nouvelle fois. Le 28 juillet suivant, le commissaire spécial Pernel fit radier Gallay de la liste des anarchistes à surveiller.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155662, notice GALLAY Michel [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 8 avril 2014, dernière modification le 20 août 2017.

Par Laurent Gallet

SOURCE : Arch. Dép. Rhône 4M248, 4M309, 4M321, 4M323, 10M371.

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