Né le 8 octobre 1868 à Paris, mort le 5 juin 1897 à Paris 5e ; publiciste ; inculpé du procès des Trente.

Charles Chatel (1894)
Album Bertillon, 1894.
En novembre 1891, Charles Chatel remplaça Ritzerfeld* comme gérant de L’En Dehors de Zo d’Axa*. Il fut condamné à 1000 francs d’amende pour un article et fut remplacé comme gérant en janvier 1892 par Armand Matha. Il écrivit ensuite dans La Révolte de Jean Grave.
En 1893, il cofonda avec André Ibels* la Revue anarchiste, qui sortit 8 numéros d’août à décembre puis se rebaptisa, pour 5 numéros, Revue libertaire. La revue s’interrompit lorsqu’il fut arrêté par la police le 14 mars 1894 chez lui, 6, rue de Turbigo, à Paris 3e.
Du 6 au 12 août 1894, Charles Chatel comparut devant les assises de la Seine dans le cadre du « procès des trente » (voir Élisée Bastard). Le reporter du Journal des débats le décrivit ainsi : « M. Chatel appartient à cette catégorie d’anarchistes qu’on pourrait appeler les dilettantes. Au physique, on dirait un romantique de 1830 descendu de son cadre : il est grand, mince, barbu, chevelu. Au moral, il nous paraît proche de Laurent Tailhade, fort épris comme lui du “geste” anarchiste ; il s’exprime avec l’afféterie qui convient à un esthète. » Au procès, il se déclara « individualiste » et « rebelle à toute action commune », affirma ne plus fréquenter les réunions anarchistes. Quant à ses articles où il exaltait la beauté du « geste anarchiste », Chatel répondit : « Cela, ce n’est pas de l’apologie. Je puis trouver beau un fruit vénéneux, en décrire les couleurs, sans inviter à le manger. » Et de conclure : « Je suis moi, Chatel, et c’est tout. Incarcérez mon rêve si vous voulez. » Il fut défendu par Me Jean Ajalbert* et fut acquitté.
Charles Chatel lança ensuite, toujours avec André Ibels, le bimensuel Le Courrier social illustré, qui sortit 4 numéros en novembre-décembre 1894. Puis il collabora à L’Œuvre Sociale (Marseille, 6 numéros de février à juin 1895) dont le gérant était Léon Parsons*, et enfin au quotidien de Pierre Martinet, La Renaissance, qui exista du 24 décembre 1895 au 27 juillet 1896.
Le journal local Le Phare de Montmartre (Paris 18e) dans son numéro 32 (été 1895) publia un article de Henri Zisly* sur Chatel.
Il mourut de deux ans plus tard de tuberculose pulmonaire. Il habitait alors au 49, rue du Cardinal-Lemoine, à Paris 5e. C’est Henri Gauche qui fit la déclaration de décès en mairie. Le quotidien Le Rappel informa que deux de ses amis, M. Thiercelin, étudiant en médecine, et Stuart Meryl, poète, avaient pris en charge ses obsèques. Il laissait une veuve, Agathe, âgée de 23 ans.

SOURCES : Le Journal des débats du 15 juillet 1894 et du 7 août au 13 1894 — Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France (1880-1914), Gallimard, 1975 — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — Le Rappel du 8 juin 1897.

Jean Maitron, notice révisée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy

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