Né le 27 novembre 1859 à Lyon 3e ; cordonnier puis ouvrier mécanicien ; anarchiste.

Blonde était, au début des années 1880, un des principaux orateurs anarchistes lyonnais même si un policier notait en avril 1882 qu’il n’avait « pas la parole facile ».
Il fut arrêté le 19 novembre 1882 et impliqué dans le “procès dit des 66”, classé dans la 2e catégorie de prévenus (voir Toussaint Bordat).
À l’audience du 12 janvier, Tressaud* lut une déclaration collective cosigné de Blonde. Il fut finalement condamné à trois ans de prison, 500 francs d’amende, dix ans de surveillance et cinq ans de privation des droits civils, peine ramenée en appel à deux ans de prison et 300 francs d’amende et cinq ans de surveillance et de privation des droits civils.
En mai-juin 1886, alors que l’anarchisme lyonnais se scindait en deux écoles rivales, Auguste Blonde se classa dans la fraction de Joseph Bernard*, qui fonda la Bibliothèque d’études scientifiques et sociales, sise 149, avenue de Saxe, à Lyon 3e. Blonde en fut le secrétaire. Dès décembre, elle groupait 70 adhérents issus de toutes les écoles socialistes. Pour faire partie de ce groupement œcuménique, il suffisait d’être présenté par deux de ses membres. Cent titres figuraient au catalogue, portant principalement sur l’économie. Groupement d’auto-éducation, la Bibliothèque organisait des conférences permettant à ses adhérents de se former aux idées anarchistes. Il s’y tint des réunions hebdomadaires régulières avec pour thèmes, par exemple, Le communisme et l’anarchie, Le collectivisme, De l’idée générale de la révolution au XIXe siècle, Du crédit dans les sociétés futures.
Blonde participa au congrès régional de Lyon, tenu le 8 juin 1890, où il représenta les selliers-carrossiers de Lyon. En 1891, il tenta de réorganiser la chambre syndicale des hommes de peine et la même année rédigea un projet d’affiche pour le compte du groupe des antipatriotes de la région de l’Est, à l’occasion des conférences de Sébastien Faure*. Assidu aux réunions du groupe antiparlementaire Les Ennemis de toutes candidatures, il fut perquisitionné le 30 mars 1892 puis le 19 avril. Impliqué dans une poursuite pour association de malfaiteurs en avril-mai 1892, il était en fuite lors de la grande rafle du 22 avril qui conduisit à 29 arrestations et à celle du 30 avril (six nouvelles arrestations et neuf fuyards dont Blonde).
En 1893, il fut membre de la commission de contrôle de la rédaction du journal L’Insurgé (voir Henri Boriasse). Perquisitionné de nouveau le 19 ou le 20 février 1894, seul un numéro de La Révolte fut saisi chez lui. Emprisonné à Saint-Paul, il fut libéré le 28 février.
Le 18 janvier 1898, avec une soixantaine d’anarchistes, blanquistes et guesdistes, il prit part à la défense du journal socialiste Le Peuple, que des étudiants avaient menacé quelques jours auparavant.
Blonde prit également part aux échauffourées qui eurent lieu après la conférence nationaliste Syveton-Cavaignac le 30 juin 1901 (voir Henri Boriasse).
En 1902, Blonde affirma que pendant l’affaire Dreyfus, il était resté neutre, et il blâma ceux qui s’étaient « laissé entraîner ».
Entre 1901 et 1903, il participa activement à l’existence du groupe Germinal.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône 4M307, 4M308, 2U433, 4M318, 4M321, 10M372, 4M310, 4M257.

Laurent Gallet

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