QUEMERAIS Louis, Victor, Marie [Dictionnaire des anarchistes]

Par Claude Geslin, notice complétée par Rolf Dupuy et Guillaume Davranche

Né le 21 février 1890 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 17 janvier 1958 à Rennes ; maçon ; syndicaliste et communiste puis anarcho-syndicaliste.

Militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, Louis Quemerais adhéra en 1921 au Parti communiste.

Il fut, avec les libertaires Henri Boivin et Texier (voir ces noms) à l’origine du Comité syndicaliste révolutionnaire (CSR) de Rennes et, en janvier 1922 de l’union locale de la CGTU.

Du 25 juin au 1er juillet 1922, délégué au Ier congrès confédéral de la CGTU à Saint-Étienne, il démontra qu’il était un adhérent aussi zélé qu’indiscipliné du Parti communiste. Deux débats importants divisèrent le congrès, sur l’orientation nationale et l’orientation internationale (voir Pierre Besnard). Alors que les militants du PC avaient reçu la consigne de voter, tactiquement, pour la motion Monmousseau (adhésion avec réserve à l’Internationale syndicale rouge, ISR), Quemerais soutint une motion d’adhésion sans réserve à l’ISR. Il ne fut soutenu que par quelques communistes, dont Tommasi et Lauridan, et sa motion ne recueillit que 7 voix contre 391 à celle de Besnard et 779 à celle de Monmousseau.

Par la suite il fut, avec Pierre Gouzien et René Martin, l’un des protagonistes du congrès fondateur de l’union régionale unitaire (URU) le 27 mai 1923. Il en fut nommé secrétaire avec Boivin comme trésorier. Dans l’organe mensuel de l’URU, Le Syndicaliste de l’Ouest, Quemerais défendit les thèses de l’action directe.

Du 12 au 17 novembre 1923, il fut avec René Martin le délégué de Rennes au congrès de la CGTU à Bourges, où il se classa cette fois dans la minorité syndicaliste révolutionnaire hostile à la mainmise du PC sur la CGTU. Il fut ensuite réélu secrétaire de l’UL de Rennes et de l’union régionale.

Le 24 janvier 1924, soit treize jours après l’assassinat de Clos et Poncet (voir ces noms) qui porta à son paroxysme le conflit entre communistes et « anarcho-syndicalistes » au sein de la CGTU, Quemerais fut élu au comité national de la Fédération nationale des travailleurs du bâtiment. Le 17 février, il fit partie de la délégation qui rencontra la Fédération du bâtiment CGT pour proposer l’unité fédérale sur les bases de la Charte d’Amiens. En vain.

Le mois suivant il soutenait la décision du syndicat de l’ameublement de Rennes de passer à l’autonomie. Accusé par le PC de vouloir entraîner l’UL-CGTU vers l’autonomie et de passer des accords avec la CGT, Quemerais fut menacé de mort le 6 avril 1924 par le secrétaire des Commissions syndicales, organisme de noyautage syndical mis en place par le PC.

Au IIe congrès de l’URU, tenu à Saint-Brieuc les 15 et 16 août 1924, les communistes eurent la majorité et Quemerais fut remplacé au secrétariat par le communiste Charles Tillon. La majorité des anarchistes démissionnèrent alors de l’URU et participèrent à la fondation d’une UL autonome. Quemerais fut nommé secrétaire du syndicat autonome du bâtiment, poste qu’il occupa jusqu’en 1926 où il fut remplacé par Buisson.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155574, notice QUEMERAIS Louis, Victor, Marie [Dictionnaire des anarchistes] par Claude Geslin, notice complétée par Rolf Dupuy et Guillaume Davranche, version mise en ligne le 10 avril 2014, dernière modification le 5 mai 2014.

Par Claude Geslin, notice complétée par Rolf Dupuy et Guillaume Davranche

SOURCES : L’Aurore d’Ille-et-Vilaine, années 1922-1924. — La Voix Communiste, années 1922-1924. — Annuaires officiels d’Ille-et-Vilaine, années 1924-1931. — Le Travailleur du bâtiment, mars 1924. — Jean-Luc Remond, « Discours et propagande anarchiste en Bretagne, 1920-1929 » (Mémoire de maitrise d’histoire contemporaine, Université de Rennes II, octobre 1994, 119 p.).

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