Né le 28 août 1892 à Ratibor (Prusse, aujourd’hui en Pologne), mort en 1984 à Munich (Allemagne) ; militant anarchiste, journaliste, syndicaliste.

Fils d’un ouvrier tourneur, Augustin Souchy adhéra à l’âge de treize ans au Sozialistischer Bund de l’anarchiste Gustav Landauer. En 1914, il s’enfuit en Suède pour échapper à la conscription et mena campagne contre le militarisme allemand, ce qui lui valut d’être expulsé de Suède puis de Norvège. Réfugié au Danemark, il collabora au quotidien syndicaliste révolutionnaire Solidaritet puis retourna en Suède clandestinement, fut arrêté et condamné à six mois de travaux forcés.
Rentré en Allemagne en 1919, Souchy devint l’un des animateurs de la Freie Arbeiter Union de tendance anarcho-syndicaliste et collabora au journal Der Syndikalist. D’avril à octobre 1920, il séjourna en Russie et représenta au IIe congrès de la IIIe Internationale, les syndicalistes révolutionnaires. Il vécut ensuite à Paris pendant un an, avant d’être expulsé de France.
Dès lors Souchy, rejetant les conceptions du bolchevisme, devint, aux côtés de Rudolf Rocker, cosecrétaire de l’Internationale Arbeiter Assoziation (IAA), l’Association internationale des travailleurs, à laquelle adhérait, en France, la CGT-SR ; il le demeura jusqu’en 1933.
Collaborateur de la Revue internationale anarchiste éditée à Paris en plusieurs langues, Augustin Souchy y tint la rubrique « Allemagne » et y rendit compte du IIe congrès de l’AIT. Il rédigea sur le même sujet les articles de l’Encyclopédie anarchiste. Il était interdit de séjour en France depuis 1921. Ce fut sur l’intervention de la Ligue des droits de l’Homme que cette mesure fut rapportée en janvier 1932, ce qui lui permit de venir en France après l’incendie du Reichstag (février 1933). Il gagna l’Espagne où il devint conseiller de la CNT.
Revenu en France, Augustin Souchy fut interné en 1940 mais s’évada en 1941. Il partit pour Cuba et le Mexique où il participa à l’organisation du mouvement anarchiste. A partir des années soixante, il fut chargé par le BIT, par l’intermédiaire de son ancien ami Albert Guigui, de missions de formation syndicale dans le Tiers-Monde. Revenu à Munich (Allemagne) en 1966, il y mourut en 1984.
Il était parvenu à cacher depuis 1933 des collections d’ouvrages anarchistes, qu’il a données au CIRA de Lausanne au début des années 1970.
Il s’était marié en 1939 avec Marie-Thérèse Blanchong, avec laquelle il avait eu un fils bien des années auparavant.

ŒUVRE en français : "La fondation de l’Association internationale des travailleurs", in Dix ans AIT, 1933 — "Ma première rencontre avec Durruti", in Buenaventura Durruti, Barcelone, CNT, 1937 — Collectivisations, l’œuvre constructive de la révolution espagnole, 1936-1939, recueil de documents (Barcelone 1937), Toulouse, Le Coquelicot, 2006 - L’’œuvre constructive de la révolution espagnole, recueil de documents édités par la CNT et la FAI en 1937, Ressouvenances, 2008 — "Témoignage sur la révolution cubaine", in Frank Fernandez, L’anarchisme à Cuba, éd. CNT-RP, 2004 — Attention anarchiste ! Une vie pour la liberté, préf. de Martine Rémon, éd. du Monde libertaire, coll. Graine d’ananar, Paris, 2006,

SOURCES : Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France, 2 vol., Paris, Maspero, 1975 et 1982, t. 2. — La Voix du travail, octobre-novembre 1926. — "Rudolf Rocker", Itinéraire, décembre 1988. — Cahiers des droits de l’Homme, 30 janvier 1932. — L. Lorwin, L’Internationale et la classe ouvrière, Gallimard, 1933. — Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier international, Allemagne, sous la direction de Jacques Droz, Paris, Éd. Ouvrières, 1990. — A. Souchy, Vorsicht : Anarchist !, Darmstadt, Luchterhand, 1977.

Jean-Louis Panné, complété par Marianne Enckell

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