Né à Termonde (Belgique) le 26 novembre 1874. Employé. Anarchiste.

Militant anarchiste à Anvers, Jules Mestag « 1m78, cheveux blonds, teux bleus clairs » collaborait à la fin des années 1890, comme de nombreux autres libertaires, au journal socialiste La Bataille (Namur, 1895-1902). Il fut à Anvers l’éditeur-imprimeur de la traduction de la brochure de J. Most La peste religieuse. En 1897, après un meeting en faveur des condamnés de Montjuich, il incita la foule à marcher sur la légation d’Espagne. Organisateur de conférences, en particulier sur le suffrage universel, et bon orateur, il aimait à porter la contradiction dans les meetings socialistes, ce qui entraîna début 1898 son exclusion de la Maison du peuple par les socialistes.
En 1901, il participa à une conférence à Anvers sur "Le socialisme en danger" avec Emile Chapelier", Armand Binet, Jean de l’Ourthe*, Lucien Hénault* et Geoerges Thonar*
Début 1902, sa mort fut annoncée à tort lors d’un acident de train (cf. La Bataille, 2 février 1902). Le 10 juillet 1902 il fut condamné à huit jours de prison et 26 francs d’amende pour « port d’arme prohibée ». Il habitait à l’automne à Bruxelles (32 rue de l’Impératrice) et lançait avec Max Borgueil le journal Le Flambeau (Bruxelles, 2 numéros, 1er novembre et 2 décembre 1902) qu’il éditait sur une presse à main. Dans le premier numéro édité lors d’une grève générale, on pouvait lire : « Ce journal n’est l’organe d’aucun groupe, d’aucune coterie, ni chapelle, il n’appartient à aucun clan et restera inaccessible à tout ce qui pourrait revêtir un caractère personnel. Le Flambeau n’est pas un journal de théorie, ni une feuille à potins, c’est un organe de combat révolutionnaire, le cri des opprimés, l’expression d’un sentiment de révolte ». Suite à la parution dans le second numéro de l’article « Germinal, les anarchistes et la grève générale », reproduction d’un tract tiré à 5.000 exemplaires, Mestag fut l’objet de poursuites qui aboutirent en février 1903 à une condamnation à 6 mois de prison et 100 F d’amende par la cour d’assises du Brabant. Pour échapper à l’emprisonnement, Jules Mestag partit pour l’Angleterre, où selon un rapport de Scotland Yard (3 juin 1907) il vivait sous le nom de Steck avec sa compagne Flora Tenge (ou Tange) sous le faux nom de La Billon.

SOURCES : Les Temps nouveaux, 8 juin 1901 et 14 février 1903 — Journal des débats, 4 février 1903 — R. Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit.

Rolf Dupuy, Marianne Enckell

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