Né à Laufersweiler (Allemagne) en 1866, mort à Ascona (Tessin, Suisse) en 1946. Négociant en fourrures, anarchiste, soutien financier de Max Nettlau et d’autres.

Originaire d’une famille pauvre, Bernhard Mayer quitta l’école à 14 ans puis travailla comme employé à Sarreguemines, alors en Allemagne, puis à Aix-la-Chapelle avant de s’établir en 1890 à Bruxelles, où il fit fortune. Il y devint socialiste puis anarchiste après sa rencontre avec Ferdinand Domela Nieuwenhuis. Sa générosité due à ses succès commerciaux fut vite connue : il hébergea dans sa cave un prétendu constructeur d’avions, qui y imprimait en réalité de la fausse monnaie ; il se fit exploiter par des terroristes russes. Lors du congrès anarchiste d’Amsterdam en 1907, il fit la rencontre du docteur Raphael Friedeberg, juif athée comme lui, qui fréquentait Ascona en Suisse, « le village le plus étrange du monde », qui séduisit bientôt Mayer ; il y acheta un terrain et s’y fit construire une maison.
Mayer rendait régulièrement visite à Londres à Kropotkine* et à Malatesta, qu’il aida aussi financièrement. Il finança notamment les séjours de Kropotkine au Tessin de 1908 à 1913.
Ses enfants eurent pour professeur de latin Paul Reclus* ; Mayer contribua à la fondation d’une école Decroly dans son quartier de Bruxelles.
Il s’établit en Suisse en 1916 avec sa famille. C’est par Fritz Brupbacher* qu’il fit la connaissance de Max Nettlau*, un de ses hôtes avec de nombreux anarchistes et artistes allemands. A Bruxelles, il s’était déjà lié d’amitié avec des artistes et avait commencé des collections de peinture ; il fit de nombreux voyages pour visiter des musées et compléter ses collections grâce à la vente de fourrures.
En 1932, il mit à disposition de Nettlau une partie de sa maison d’Ascona, pour qu’il puisse y stocker ses collections ; elles furent plus tard transportées à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam.
En 1941, il choisit de s’exiler à New York, où il rédigea ses mémoires.

SOURCES : IISG Amsterdam. – Harald Szeeman, introduction à l’exposition de la collection Bernhard Mayer, Kunsthaus Zürich, 1998.

Marianne Enckell

Version imprimable de cet article Version imprimable