Né le 2 septembre 1884 à Cagli (Pouilles, Italie), mort le 14 avril 1950 à Genève (Suisse) ; tailleur de pierre puis de verre ensuite vendeur.

A vingt ans, Domenico Ludovici qui se revendiquait anarchiste fut envoyé à l’armée dans une compagnie disciplinaire. De décembre 1907 à juillet 1908 il émigra en France pour des raisons professionnelles, puis rentra en Italie où le 27 septembre il participa au congrès interprovincial anarchiste de Pergola.
En mai 1909 il émigra en Suisse à Neuchâtel où il organisa un groupe libertaire et allait alterner les séjours entre ce pays et l’Italie. Pendant la première guerre mondiale, et bien qu’il ait revendiqué avoir été déserteur (cf. Il Martello, août 1938), il fut plus vraisemblablement insoumis.
Il vécut depuis 1917 à Genève où il ouvrit un atelier de verre pour l’horlogerie, et participa aux réunions du Groupe du Réveil autour de Luigi Bertoni*, auquel le lia une amitié durable.
En 1929 il allait à Paris et à la fin de l’année accompagnait C. Berneri* et Ermano Menapace – ce dernier était en fait un agent de la police secrète fasciste OVRA – au siège de la Société des nations où, selon la police, ils auraient eu l’intention de commettre un attentat contre la délégation italienne. Bien qu’étroitement surveillé par l’OVRA, Domenico Ludovici n’allait plus cesser de se déplacer entre la Suisse et la France pour organiser le mouvement libertaire.
A l’été 1931 il rencontra avec Randolfo Vella le compagnon ukrainien Nestor Makhno* à Paris. Il fut délégué les 11-12 novembre 1933 au congrès anarchiste des réfugiés italiens qui se tint à Puteaux et où fut fondée la Federazione anarchica dei profughi italiani qui édita le journal Lotte Sociali (Paris, 8 numéros du 15 décembre 1933 à février 1935).
En 1936 il fréquentait à Genève le cercle libertaire L’Aurore et participait à la réunion de fonds pour financer l’antifascisme en Italie. En août 1936 il partit comme volontaire en Espagne et combattit dans la section italienne de la colonne Ascaso (dirigée par Carlo Rosselli) sur le front de Huesca où il fut blessé, perdant un œil et trois doigts d’une main. Il fut ensuite membre de la commission de contrôle de la FAI à Port-Bou, puis speaker des émissions italiennes de la radio CNT-FAI de Barcelone ainsi que l’un des représentants avec Celso Persici et V. Gozzoli de l’Union Syndicale Italienne (USI) au siège du comité régional catalan de la CNT-FAI.
Il fut à cette époque le correspondant en Espagne du Réveil de Genève et collabora sous les pseudonymes de Dom et Domingo à Solidaridad Obrera, Tierra y Libertad et Guerra di Classe (dont, après l’assassinat de Berneri par les staliniens, il fut le directeur avec Aldo Aguzzi) ainsi qu’à Il Martello et L’Adunata dei Refrattari publiés aux Etats-Unis. Il rentra en Suisse en automne 1937.
En janvier 1938, sous la fausse identité de Martin, il se rendit à Paris et à Perpignan avec Gozzoli dans l’intention de regagner Barcelone. Refoulé à la frontière par les carabiniers républicains, il parvint toutefois à rejoindre la Catalogne en avril.
Exilé en France lors de la retirada de février 1939, il fut interné au camp d’Argelès-sur-Mer où il était membre du groupe Liberta o morte. Après s’être évadé du camp, il retourna à Genève où il allait rester pendant toute la durée de la guerre et se consacrer à la diffusion de la presse libertaire et clandestine.
En novembre 1945, il alla en Italie comme délégué des groupes italiens de Suisse au congrès de la Fédération Anarchiste Italienne. Il participa également aux congrès de la FAI à Bologne (16-20 mars 1947) et de Livourne (23-25 avril 1949). Le 22 janvier 1947 il fut l’un des orateurs aux funérailles de L. Bertoni. Domenico Ludovici fut jusqu’à son décès, survenu à Genève en avril 1950, membre de la rédaction du Réveil anarchiste.

SOURCES : Dizionario biografico degli anarchici…, op. cit. (Notice de F. Sora et R. Giulianelli). — L. Bettini, Bibliografia…, op. cit.

Rolf Dupuy, Marianne Enckell

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