DRAGHI Laurent, Bruno, Olivier [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 17 février 1962 à Paris (IXe arr.) ; fédération anarchiste, SUD-Éducation.

Laurent Draghi est le fils de Vincent Draghi, né en 1933, qui était technico-commercial à la Socapex Thomson-CSF, et de Reine Louat, née en 1929, d’abord ouvrière puis mère au foyer. Tous deux étaient catholiques non pratiquants.

Laurent Draghi vécut tout d’abord en région parisienne (1981-1990), ensuite en Bretagne région lorientaise (1990 à 2004) et, depuis 2004, dans la région de Dinan. Sa première compagne, mère de ses deux filles, était infirmière. Sa seconde était formatrice en éducation spécialisée.

Après un bac G3, il obtint un brevet en gestion de l’École de la chambre de commerce de Paris en juin 1981. En 1982, il devint instituteur puis professeur des écoles en 2005. Il fut aussi, à partir de 2000, animateur de secteur et formateur sur les questions des nouvelles technologies dans le Morbihan puis à Dinan dans les Côtes-d’Armor.

Laurent Draghi eut peu de militantisme syndical mais il fut très impliqué dans le mouvement des instituteurs-trices contre la réforme des maîtres-directeurs en 1986 et participa à la création d’une coordination de grévistes dans les XIXe et XXe arrondissements de Paris ; il fut l’un des 17 grévistes qui se lancèrent dans la bataille et impulsèrent la « coordination contre le projet des maîtres-directeurs ». En Bretagne, en mai 2000, avec Claude Layec et Hervé Panelay (lui-même militant au groupe libertaire de Lorient), il fut à la création du syndicat SUD-Éducation 56 et il fut mandaté pour organiser le Congrès de SUD-Éducation à Lorient en 2002. Toujours proche de ce syndicat en 2010, il ne s’y investit plus. Il fut toutefois connu comme un militant surtout laïque qui refusait la syndicalisation du personnel des écoles catholiques à SUD-Éducation.
Laurent Draghi prit contact avec la Fédération anarchiste en 1980 et y adhéra en 1981 après l’élection de François Mitterrand. Il participa à la création d’un groupe libertaire à Deuil- Montmagny avec avec Jocelyne Fonlupt et son compagnon Serge Pieters.

Il rejoignit quelque temps plus tard plus près de son lieu d’habitation (Goussainville) les militants du groupe Luis-Ling animé entre autres par Roland Fornari, puis le groupe Pierre-Besnard – groupe plus proche de ses aspirations politiques dont les militant.e.s « étaient connu.e.s pour vouloir l’ouverture de la Fédération anarchiste ». Il fut nommé au congrès d’Angers secrétaire fédéral aux relations extérieurs en 1987-1988 et il géra les dossiers conflictuels au sein des militants libertaires : lutte pour l’indépendance de la Kanaky...(référendum Rocard), participation aux collectifs divers et variés (collectifs antiracistes...).

Au sein de la FA, il participa activement à des initiatives comme la marche des beurs (1983) et Convergence 84 et s’impliqua dans les débats internes sur la laïcité et les luttes de libération nationale (Kanaky, Irlande).
Objecteur de conscience à Terre des hommes en 1984-1985, il impulsa une dynamique de sensibilisation et une analyse libertaire de la situation sur la question du tiers monde en s’impliquant dans la campagne contre la course du Paris-Dakar et en amenant des personnalités des associations « tiers-mondistes », comme René Dumont et Michel Faucon de Peuples solidaires, à écrire dans Le Monde libertaire. Il participa régulièrement au mouvement Solidarité Irlande, en particulier à travers une émission de Radio libertaire, Écho et frémissement d’Irlande, même si, déclare-t-il, « les liens que j’entretenais avec les militants républicains irlandais étaient quelque peu décriés par des anarchistes de la FA ».

En 1982, il anima une émission hebdomadaire sur l’éducation à Radio Libertaire, puis Les Damnés de la terre avec Jean-Michel Damien. Il participa enfin, toujours avec J.-M. Damien puis D. Marchand, à la création de l’émission bimensuelle sur l’Irlande avec l’association culturelle irlandaise et l’association Solidarité Irlande.

En 1990, Laurent Draghi déménagea à Lorient où il créa le groupe libertaire Francisco-Ferrer dont l’activité facilita la création du groupe René-Lochu à Vannes. Il participa alors au renforcement des organisations libertaires en Bretagne et à l’union régionale des groupes de la FA avec Lorient, Vannes, Brest, Rennes et par la suite Saint-Brieuc.... Il engagea fortement les libertaires lorientais à participer activement aux mouvements sociaux contre le plan Juppé, par exemple.

En 1996, à l’occasion de la venue du pape à Sainte-Anne-d’Auray, il participa avec les groupes de la région à une campagne contre cette visite : « contre l’ordre moral, contre le financement public ». Cette campagne locale deviendra de fait une campagne nationale de la FA et aura des échos dans la presse étrangère. En effet, 5 000 personnes manifesteront dans les rues de Lorient (du rarement vu). En 1999, le groupe de Lorient organisa le congrès de la FA.
En 2000, Laurent Draghi s’éloigna de la fédération sans pour autant renier ses idéaux, mais il était « en désaccord avec les stratégies définies ou plutôt non définies... ». Il se déclarait partisan d’une ouverture de la FA sur l’extérieur et était critique sur certains modes de fonctionnement de l’organisation, en particulier les prises de décision à l’unanimité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155405, notice DRAGHI Laurent, Bruno, Olivier [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 13 avril 2014, dernière modification le 21 avril 2018.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE : Dans Le Monde libertaire « Autour de l’école privée : le combat laïque », n° 528, 26 avril 1984. – « Vous avez dit laïcité ? », n° 529, 3 mai 1984.
« Une nouvelle arme stratégique ou ravage au Bangladesh », n° 579, 13 juin 1985.
« La solidarité et l’Éthiopie », n° 582, 4 juillet 1985.
« La boue colombienne », n° 596, 5 décembre 1985.
Dossier « Tiers monde » du n° 597 du 12 décembre 1985 au n° 604 du 29 janvier 1985.
« Approche de la notion de tiers monde », n° 597, 12 décembre 1985.
« Paris-Dakar, les nantis s’amusent », n° 599, 26 décembre 1985.
« Quelle aide pour le tiers monde », n° 604, 29 janvier 1985.
« Instits en grève », n° 647, 22 janvier 1987.
« Maîtres-directeurs : non merci ! », n° 650, 12 février 1987.
« Instits, vers la grève générale », n°651, 19 février 1987.
« Lettre ouverte à M. Monory », n° 655, 19 mars 1987.

SOURCES : témoignage direct, septembre 2010.

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