Né le 29 août 1894 à Marissel (Oise), mort le 10 août 1975 à Paris ; écrivain et journaliste ; sympathisant anarchiste.

Fils d’un ancien avocat à la Cour de cassation et au Conseil d’État, marqué par l’enfer des tranchées, Jean Bernier adhéra au Parti communiste naissant et, jusqu’en 1929, appartint à ses cercles intellectuels. Après la reconnaissance que lui valut son roman La Percée (1920), il fut en effet un des animateurs de la revue Clarté de 1921 à 1925, et un des artisans du rapprochement du Groupe surréaliste avec le communisme.
Pour un récit détaillé de cette période de sa vie, consulter le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français.
À partir de 1929, Jean Bernier rompit avec le surréalisme et avec le stalinisme. Il appartint au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, puis fut un des dirigeants de Front commun, de Gaston Bergery, dont il se sépara en avril 1935.
Il fit ensuite partie du comité provisoire d’organisation de la Conférence nationale contre la guerre qui se tint à Saint-Denis les 10 et 11 août 1935.
La Révolution espagnole le rapprocha de l’Union anarchiste et, en 1936-1937, il publia dans Le Libertaire une série d’articles, « La Révolution espagnole et l’impérialisme », qui furent réunis en brochure par la Jeunesse anarchiste communiste. Il y soulignait les risques, pour elle-même et pour le mouvement ouvrier européen, à ce que la Révolution espagnole lie son destin à un impérialisme étranger, qu’il soit soviétique ou anglo-français.
A partir de 1937, Jean Bernier, devenu correcteur d’imprimerie syndiqué, participa au Cercle syndicaliste Lutte de classes (voir Nicolas Lazarévitch) et à la rédaction du journal Le Réveil syndicaliste. En parallèle, il collabora au Crapouillot, et notamment, en janvier 1938, au numéro spécial sur « L’Anarchie », avec Victor Serge* et Alexandre Croix*. Il y écrivit deux articles, « Espagne rouge et noire » et « Actualité de l’Anarchisme ».
Mobilisé pendant la guerre, Jean Bernier fut prisonnier de juin 1940 à août 1941. Rallié à Pétain, quoique hostile à la « Révolution nationale », il devint en octobre 1942 secrétaire de l’organisation des prisonniers de guerre en zone occupée. Il démissionna quelques mois après, avec la quasi totalité du comité directeur, malgré la menace d’internement administratif.
Après la Seconde Guerre mondiale, il s’éloigna de la vie politique. Syndiqué à la CGT-FO, il collabora au Bulletin de l’Union des Cercles d’études syndicalistes, un courant précurseur du « syndicalisme d’expertise ». Il tint la rubrique des livres politiques dans Le Crapouillot (1947-1949) puis continua à écrire dans Le Petit Crapouillot (1949-1966), dirigé par son ami Jean Galtier-Boissière.

ŒUVRE CHOISIE : La Percée, Paris, A. Michel, 1920. — La Révolution espagnole et l’impérialisme, Paris, Éditions JAC (s.d.).

ICONOGRAPHIE : Frédéric Grover, Drieu La Rochelle, Gallimard, 1962, p. 112. — Hommage au Crapouillot, Crapouillot, n° 66, mai 1965.

Nicole Racine, notice adaptée par Guillaume Davranche

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