Née le 5 mai 1897 à Gualtieri (Reggio Emilia, Italie), morte le 14 mars 1962 à Gênes (Ligurie) ; militante anarchiste, rédactrice de la revue italienne Volontà.

Giovana Berneri
Archivio Famiglia Berneri.
Institutrice, proche des socialistes, Giovanna épousa Camillo Berneri en janvier 1917. Leur maison de Florence devint un point de rencontre pour les anarchistes et les antifascistes. Dix ans plus tard, avec leurs deux fillettes Giliane* et Marie-Louise*, elle rejoignait son époux en exil à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne. Il était harcelé par des agents fascistes et fut contraint à des pérégrinations perpétuelles en Europe ; Giovanna le défendit activement.
En 1933, grâce à l’aide de Louis Lecoin* et d’autres compagnons, elle ouvrit une épicerie à la rue de Terre-Neuve (Paris XXe), pour subvenir aux besoins de la famille. Elle accueillit là nombre de militants français, exilés ou étrangers, ainsi qu’Adalgisa Foschi, la mère de Camillo. Ce dernier, après avoir été « le plus maladroit des aides maçons et des garçons plâtriers », approvisionnait la boutique de primeurs aux Halles puis s’adonnait à l’écriture dans sa chambre du premier étage.
Il partit combattre en Espagne en août 1936 et fut assassiné le 5 mai 1937 par des agents staliniens. Giovanna et sa fille aînée ne purent qu’accourir aux funérailles avant de rentrer à Paris. Elle devint alors une militante active dans le soutien aux exilés, la publication d’écrits de Camillo et d’articles dans la presse anarchiste.
Giovanna Berneri fut arrêtée le 28 octobre 1940 sur ordre des autorités consulaires italiennes et, après avoir connu des prisons parisiennes, fut déportée en Allemagne en février 1941, puis en Italie où elle fut condamnée au « domicilio coatto » pour activités subversives à l’étranger.
Elle vécut ensuite clandestinement en Italie méridionale jusqu’à l’arrivée des forces alliées. Elle participa dès lors à la reconstruction du mouvement anarchiste en Italie et fonda avec son compagnon Cesare Zaccaria La Rivoluzione libertaria (clandestin, 1943), puis la revue Volontà, qu’elle dirigea jusqu’à sa mort. Elle y publia des articles d’Ignazio Silone, d’Albert Camus*, de Louis Mercier* et bien d’autres. Elle écrivit dans d’autres périodiques anarchistes et publia nombre d’ouvrages dans sa maison d’éditions RL / Collana Porro.
Après la mort de sa fille Marie-Louise, elle créa en sa mémoire, en 1951, une maison de vacances pour enfants qui fonctionna plus de dix ans. Elle revenait à Paris chaque fois que cela lui était possible et suivait de près l’actualité française et l’évolution du mouvement anarchiste.

ŒUVRE en français : La Société sans Etat, Paris, 1947, traduit par Albert Ledrappier*.

SOURCES : DBAI (notice de Fiamma Chessa et Giorgio Sacchetti) — Umberto Marzocchi, in Volontà, avril 1962 — André Prudhommeaux, in Témoins 30, été 1962 — Giovanna Caleffi Berneri e la cultura eretica di sinistra nel secondo dopoguerra, Reggio Emilia, Biblioteca Panizzi, Archivio Famiglia Berneri, 2013.

Marianne Enckell

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