Né à Charleroi (Belgique) en 1874, mort en septembre 1912 ; mineur ; anarchiste et syndicaliste.

Léopold Preumont (1912)
L’Émancipateur, 30 septembre 1912.
En 1901-1902, Léopold Preumont collabora à L’Émancipation « organe libertaire » lancé par Émile Chapelier et Georges Thonar.
Membre du groupe anarchiste de Gilly, en janvier 1904, il cofonda l’Union des mineurs révolutionnaires du bassin de Charleroi, qui compta jusqu’à 500 adhérents. Il participa ensuite sans doute au congrès anarchiste de Charleroi qui, en octobre 1904, approuva le lancement d’une confédération syndicaliste révolutionnaire sur le modèle français (voir Henri Fuss-Amoré).
Un congrès syndicaliste révolutionnaire tenu à Charleroi les 11 et 12 juin 1905 décida le principe de la création d’une Confédération générale du travail de Belgique. Un comité provisoire fut nommé, avec pour secrétaire Léopold Preumont.
La création d’un journal fut également décidée. En juillet 1905, L’Action directe vit donc le jour, sous-titrée « organe de la Confédération générale du travail » puis, avec plus simplement, « organe de propagande syndicaliste révolutionnaire ». Preumont en fut le premier responsable, de juillet 1905 à mars 1906. Il habitait alors au 20, rue des Sept-Actions, à Gilly.
L’Action directe était hébergée par l’Union des mineurs révolutionnaires du bassin de Charleroi, dont le siège était à Gilly. Il eut pour rédacteurs principaux Émile Chapelier, Léopold Preumont, Camille Mattart*, Henri Fuss et quelques autres, et publia assez souvent des articles repris des Temps nouveaux de Jean Grave.
Le congrès fondateur de la CGT belge se tint à Bruxelles le 28 janvier 1906, et Léopold Preumont en fut le secrétaire. L’organisation initia alors une campagne pour la journée de huit heures.
La CGT belge, de tendance nettement libertaire, resta cependant, à côté des puissantes organisations affiliées au secrétariat syndical du POB, dans un état squelettique. Ses principales bases étaient l’Union des mineurs révolutionnaires de Charleroi et la Fédération du travail de Liège, elle-même composée de plusieurs syndicats de mineurs.
En février 1906, les locaux furent perquisitionnés et Léopold Preumont poursuivi. Il disparut alors quelque temps de Charleroi et L’Action directe fut déménagée à Liège, où Henri Fuss et Léon Joassin prirent la relève.
Léopold Preumont mourut en septembre 1912 dans un accident de mine. Sa nécrologie fut publiée dans L’Émancipateur du 30 septembre 1912.

SOURCES : Maxime Steinberg, À l’origine du communisme belge : l’extrême gauche révolutionnaire d’avant 1914, Fondation Joseph Jacquemotte, 1985 — René Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — Jan Moulaert, Le Mouvement anarchiste en Belgique, op. cit.

Guillaume Davranche, Rolf Dupuy

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