LUMET Louis, Joseph [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Marianne Enckell

Né le 8 janvier 1870 à Issoudun (Indre), mort en 1923 ; écrivain ; collaborateur de la presse anarchiste ; membre de la Chevalerie du Travail ; franc-maçon.

Louis Lumet vécut jeune à Issoudun (Indre) où ses parents dirigeaient une usine de mégisserie employant quinze à vingt ouvriers. Venu à Paris, il s’adonna « avec fièvre aux lettres, à l’amour et à la Sociale ».

Après avoir collaboré à la revue anarchisante de G. de la Salle, L’Art social (novembre 1891-février 1894) et participé au cénacle littéraire de la Montagne-Sainte-Geneviève avec Emile Janvion* notamment, L. Lumet fonda, en 1895, avec J.-G. Prodhomme et Ch.-L. Philippe, une petite revue d’inspiration libertaire, L’Enclos, distribuée gratuitement et qui ne subsistait financièrement que de la contribution de ceux qui, satisfaits du contenu, éprouvaient le besoin de la soutenir ; 37 numéros parurent de 1895 à 1899. Le Supplément littéraire des Temps Nouveaux publia des textes de lui.

À une date non précisée L. Lumet se fit admettre à la Chevalerie du Travail, sorte de franc-maçonnerie syndicale. Il tenta également plusieurs expériences de « Théâtre social », mais elles furent sans lendemain.

En 1899, il apporta sa collaboration au Journal du Peuple, 6 février-3 décembre 1899, quotidien dirigé par S. Faure* et destiné à rallier l’extrême-gauche libertaire à la cause dreyfusarde. Il donna des articles à plusieurs autres revues libertaires comme La Grève générale (1893-1895 puis 1899-1900), L’Effort (1896-1902), Le Libre (1897-1898.

En 1901, il fut l’un des fondateurs de L’Art pour tous, société liée aux Universités populaires qui organisait des visites de musées. Après avoir créé la revue éponyme L’Art pour tous (1903), il évolua et suivit Gérault-Richard à La Petite République où il publia en feuilleton (1904) « Les Cahiers d’un congréganiste » et une sorte d’autobiographie « Le Chaos » qui fut ensuite édité. Il était franc-maçon.
Louis Lumet poursuivit son évolution et ses publications qui n’intéressent plus le mouvement ouvrier, d’inspiration libertaire ou non ; en 1914, il se rallia à l’union sacrée. Il mourut en 1923, peu après s’être marié à Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155220, notice LUMET Louis, Joseph [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 20 avril 2014, dernière modification le 9 mars 2017.

Par Jean Maitron, notice complétée par Marianne Enckell

SOURCES : État civil d’Issoudun. — M. Dommanget, La Chevalerie du Travail française, op. cit. — J. Julliard, Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d’action directe, Paris, 1971. — Le Libertaire, 8 décembre 1923 (annonce du décès). — Paul-Henri Bourrelier, La Revue blanche. Une génération dans l’engagement, 1890-1905, Paris, Fayard, 2007. — Max Nettlau Papers, IISG Amsterdam, lettre de Jacques Gross du 25 mars 1900. — Caroline Granier, Les Briseurs de formules : les écrivains anarchistes à la fin du XIXe siècle, Cœuvres, Ressouvenances, 2008.