KOCH Emile (KOCH Edmond, Emile) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

Né le 1er septembre 1888 à Sannois (Seine-et-Oise), mort le 12 juin 1979 à Montélimar (Drôme) ; terrassier ; anarcho-syndicaliste.

Fils d’un manœuvre, parfois orthographié Kock par erreur, Émile Koch se maria le 5 août 1911 à Arthus (Belgique).

Membre du comité d’entente des Jeunesses syndicalistes de la Seine, il fut, en décembre 1912, impliqué dans l’affaire du Mouvement anarchiste (voir François Parmeland).

Après la guerre, domicilié à Saint-Ouen, il fut le gérant de l’organe La Voce del Profugo, publié de juin 1923 à janvier 1924 par les anarchistes italiens en exil et dont le directeur était Alberto Meschi. Il collaborait également à cette époque au Libertaire.

Au congrès tenu du 4 au 7 juillet 1923 à Paris par la fédération CGTU du bâtiment, Émile Koch fut délégué par le SUB de la Seine et le syndicat du bâtiment de Beauvais. Il y cosigna la motion affirmant « l’attachement de la fédération à l’indépendance syndicale » qui, adoptée largement, mit les communistes nettement en minorité.

Le congrès CGTU de Bourges, auquel Koch assista du 12 au 17 novembre 1923, entérina la domination des communistes. Peu après les minoritaires se regroupèrent au sein de la Minorité syndicaliste révolutionnaire (MSR). Le 14 décembre 1923, Koch fut élu secrétaire de la MSR de la Seine.

L’assassinat de Clos* et Poncet* le 11 janvier 1924 à la Grange-aux-Belles devait provoquer la scission de la CGTU.

Le 17 février 1924, Émile Koch participa à la délégation du bâtiment CGTU qui proposa au bâtiment CGT une fusion dans l’autonomie. Les pourparlers se poursuivirent plusieurs mois en vain.

En juin 1926, Émile Koch était secrétaire du syndicat des terrassiers du Rhône. En octobre, un Syndicat unique du bâtiment (SUB) fut fondé et siégea au 86, cours Lafayette, à Lyon. Koch en fut le secrétaire.

Les 13 et 14 novembre 1926, Koch présida la première séance du congrès de la Fédération autonome du bâtiment, à Lyon. Dans la foulée, il prit part au congrès de l’Union fédérative des syndicats autonomes (UFSA), tenu au même endroit les 16 et 17 novembre. La CGT syndicaliste révolutionnaire (CGT-SR) y fut fondée, et Koch appartint à sa commission administrative provisoire (voir Pierre Besnard).

Dans Le Réveil du bâtiment n°6, de juin 1927, il écrivit un article, « Les méthodes de lutte syndicaliste », qui critiquait le « manche de pioche » dont les anarcho-syndicalistes faisaient selon lui trop volontiers usage pour faire entendre raison aux non-grévistes sur les chantiers.

Toujours militant à la CGT-SR, Koch assista au congrès de sa Fédération du bâtiment, le 10 novembre 1932 à Paris. Lors de ce congrès où la fédération apparaissait au plus bas, il déclara que « l’apathie présente ne signifie pas notre mort certaine, une petite étincelle peut quelque fois ranimer tout ».

Le 6 août 1934, au cours d’une violente bagarre entre grévistes et briseurs de grève sur un chantier de l’entreprise Versillé, un gréviste fut fué, un second grièvement blessé. La police arrêta plusieurs personnes, dont Koch qui fut condamné à une peine de prison.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155213, notice KOCH Emile (KOCH Edmond, Emile) [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche, version mise en ligne le 17 avril 2014, dernière modification le 28 mai 2014.

Par Jean Maitron, Rolf Dupuy, Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. F7/13586. — État civil de Sannois — L. Bettini « Bibliografia... », op. cit. — Boris Ratel, « L’anarcho-syndicalisme dans le bâtiment en France entre 1919 et 1939 », mémoire de maîtrise d’histoire sociale, université Paris-I, 2000.

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