Né à Vienne (Isère) le 28 novembre 1857 ; marié, père de deux enfants ; ouvrier forgeur ; anarchiste mêlé à l’affaire Ravachol.

Charles Chaumentin (1892)
Dessin d’Henri Meyer pour L’Illustration, 1892.
Charles Chaumentin, dit Chaumartin, était ouvrier mécanicien à l’usine Claparède (futurs Chantiers de la Loire) et militait au groupe anarchiste de Saint-Denis où, selon la police, il aurait installé, 15 rue du Pont, un petit atelier de fabrication de bombes.
C’est de chez lui, à Saint-Denis (Seine), que partit Ravachol*, le 11 mars 1892, pour perpétrer l’attentat du boulevard Saint-Germain à Paris, attentat dirigé contre le conseiller Benoît.
Arrêté le 17 mars, Chaumentin comparut le 26 avril au côté de Ravachol devant la cour d’assises de la Seine et fut acquitté. C’était « un bon travailleur, un homme d’une bonne conduite, parfait et excellent [...] un très honnête homme », avait dit de lui son contremaître.
Les anarchistes ont jugé sévèrement l’attitude de Chaumentin ; Sébastien Faure* l’appela « le délateur, le traître, celui qui dans cette affaire récolta le mépris de tous les gens de cœur, parce qu’il acheta son acquittement au prix de l’acte le plus ignoble qu’un homme puisse commettre » (Le Libertaire du 3 octobre 1896). Réprobation rigoureuse, que l’étude des archives de la préfecture de police (BA/1132) permet d’atténuer : Chaumentin fut dénoncé le 16 mars, cinq jours après l’attentat, par la femme S. d’A., qui fréquentait chez lui et qui était une indicatrice sous le nom de X2. Quand il se décida à avouer, la police connaissait déjà le détail de tout ce qui s’était passé ; S. d’A. reçut 750 francs à titre de gratification et 50 francs pour frais de mission.

SOURCES : Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste, op. cit. — Ravachol et les anarchistes, op. cit. — Gazette des Tribunaux, 27 avril 1892.

Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

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