BAILLY Robert [Yonne]

Par Robin Desvignes

Né le 14 novembre 1912 à Paris ; instituteur ; militant communiste de l’Yonne ; maire de Lindry (Yonne) ; historien de la Résistance.

Issu d’une vieille famille de vignerons bourguignons, il passa son CAP d’instituteur en 1934 au retour d’une année de service militaire. Il se syndiqua aussitôt à la CGTU, dont il fut le délégué « jeune », responsabilité qu’il conserva au sein de CGT réunifiée. Engagé dans les luttes du Front populaire, il adhéra au PCF en juillet 1937 (cellule « Danton » d’Auxerre). Président de la section icaunaise des « Amis de l’Union soviétique » de 1935 jusqu’à la dissolution de l’association en septembre 1939, il se rendit à ce titre en URSS avec son épouse Germaine en 1937.

Mobilisé lors de la déclaration de guerre au dépôt de Baccarat, il combattit dans les Vosges en 1940. Fait prisonnier, il s’évada quelques jours plus tard et rejoignit Auxerre à bicyclette le 25 juin.

Robert Bailly reprit très vite contact avec le secrétaire départemental du PCF illégal, René Roulot*. Le 1er septembre 1940, il participa à la réunion qui se tint à Auxerre chez Blanche Roulot, où fut décidée la reconstitution du PCF. Outre son épouse Germaine, les autres participants étaient Blanche et René Roulot, Georgette Sansoy, Maurice Carroué et Albert Meunier.

À la rentrée de septembre 1940, Robert Bailly avait retrouvé un poste d’instituteur à Charbuy (Yonne), mais dès le 7 décembre, il fut révoqué de l’Éducation nationale en compagnie de 13 autres instituteurs qui avaient participé à la grève du 30 novembre 1938, parmi lesquels Georges Varenne*.

Ayant trouvé un emploi de manœuvre, il participa à la rédaction et à la distribution du Travailleur de l’Yonne, qui reparut clandestinement en janvier 1941. En octobre de la même année, il rédigea avec André Cornillon le premier numéro de L’Yonne, feuille clandestine du Front national.

Après plusieurs alertes, Robert Bailly fut à son tour arrêté à Auxerre par la police française le 3 février 1942 suite aux aveux faits dans l’Aube par l’inter communiste « Gaston » Ringenbach. Interrogé par le commissaire des RG Grégoire, il s’évada le jour même vers 19 h profitant d’un défaut de surveillance. Activement recherché par la Gestapo, il entra alors dans la clandestinité. Caché chez ses parents, il travailla à la rédaction d’un essai de philosophie marxiste-léniniste intitulé « Métaphysique de la nature », dont il réussit à faire parvenir un exemplaire à un dirigeant du PCF qui était lui aussi réfugié dans l’Yonne. En mars 1944, une réponse lui fut transmise. C’était un « abattage en règle, une exclusion morale du Parti ».

Le 20 août 1944 marqua le retour de Robert Bailly, que beaucoup avaient cru mort, à la vie publique. Affecté à la rédaction du Travailleur de l’Yonne, il fut également responsable du secteur Toucy-Puisaye pour le compte du PCF. Il fut membre du bureau fédéral du PCF jusqu’en 1951.

Élu en mars 1959 conseiller municipal de Lindry (Yonne), où il avait été nommé instituteur, il devint ensuite adjoint au maire, puis maire de cette bourgade, où il prit sa retraite en 1969.

Membre actif de la section icaunaise de l’ANACR, il en fut élu secrétaire départemental en 1952, puis président en 1961, et enfin président d’honneur en 1986. Par ailleurs élu secrétaire départemental de l’UDAC en 1980, il en était toujours vice-président début 2006.

Robert Bailly est bien connu dans l’Yonne en sa qualité d’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de la Résistance dans ce département.

Marié, il était père de deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15512, notice BAILLY Robert [Yonne] par Robin Desvignes, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 24 janvier 2009.

Par Robin Desvignes

SOURCES : Témoignage de l’intéressé. — Arch. Guy Lavrat. — Robert Bailly, Les Feuilles tombèrent en avril, Éditions sociales, 1977.

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