Né le 27 octobre 1886 à Gallargues (Gard), mort à Saint-Laurent-du-Maroni en 1963 ; dessinateur aux chantiers du PLM ; déserteur pendant la Première Guerre Mondiale ; bagnard en Guyane.

En 1902, élève de l’école primaire supérieure d’Alès, Vézian renonça à la préparation du brevet élémentaire pour apprendre un métier manuel. Il devint remisier, arpenteur.
Inscrit au contrôle des anarchistes du Gard, il travailla en octobre 1905 comme dessinateur au Collet de Dèze (Lozère) à la Cie des chemins de fer et habitait avec son père, chef de gare à Ste Cécile d’Andorge. Il assista à un congrès de la Libre Pensée à Paris du 2 au 8 juillet 1905. Son père demanda sa radiation de l’état des anarchistes en 1905.
Il partit alors pour Cracovie (Empire austro-hongrois) où il avait obtenu un poste de professeur de français, mais qui lui fut refusé en raison de sa tenue négligée. Il vécut de leçons, mena une vie aventureuse qui le conduisit en Italie, au Maroc, en Espagne. Il rentra en France à la veille de la guerre.
Bien qu’auxiliaire, Vézian fut versé dans une unité combattante de chasseurs alpins. Il prit part aux terribles combats de l’Hartmannswillerskopf (Haut-Rhin). Il déserta lors de sa première permission à Gallargues et se réfugia à Barcelone. Il collabora à l’organe anarchiste La verdad (Barcelone, 1915-1920) dirigé par Juan Rueda Lopez.
Arrêté en France en 1921 au cours d’une embuscade, condamné à mort par le tribunal militaire de Montpellier, sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité, ramenée à vingt puis à dix-sept ans de prison par la cour militaire de Toulouse, pour désertion et délit de presse. En 1923 il fut relégué en Guyane. Grâcié au bout de dix ans, Vézian fut assigné à résidence sur place.
Dans le Libertaire, en 1931, il écrivit un article (“Et la suppression du bagne ?”) sous un pseudonyme, ce qui lui valut des mesures de répression. C’est sous son nom qu’il signa un nouvel article dans le Libertaire du 10 novembre 1938, où il appelait les lecteurs à lui écrire à Saint-Laurent-du-Maroni. Il écrivit de nouveaux articles publiés le 26 janvier et le 1er juin 1939.
En 1937, les journaux La Patrie humaine et Le Merle blanc menèrent campagne pour obtenir du gouvernement du Front populaire la levée de l’obligation de résidence forcée aux Colonies pour Vézian et recueillirent plus de 300 000 signatures. Un comité Eliacin Vézian se mit en place à Aimargues (Gard). Le journal Ce qu’il faut dire du 20 février 1946 lança une souscription en sa faveur ; la collecte rapporta 53 730 F (n° du 17 avril 1946). Le Lien d’octobre 1949 signalait que l’état de santé de Vézian l’obligerait à rester en Guyane et Défense de l’homme de mai 1963 annonça sa mort à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane française).

SOURCES : Arch. PPo. Ba/1661 — Le Libertaire, 10 avril, 14 août et 23 octobre 1936, 26 janvier 1939 (lettre de É. Vezian) — Le Semeur contre tous les tyrans, juin 1936 — Ce qu’il faut dire, 20 février 1946 — Notes de R. Bianco — Archives départementales du Gard 1M753 — Rébellion (Bruxelles) n°1 du 15 mai 1937 – Le Libertaire du 10 novembre 1938, du 26 janvier et 1er juin 1939 — Notes de R. Dupuy.

Jean Maitron, notice complétée par Daniel Vidal

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