URBAN Philipp, Jacques [ou Uhrbahn] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal, Marianne Enckell

Né le 12 mai 1896 à Karlsruhe (Bade, Allemagne). Menuisier. Militant anarchiste strasbourgeois. Volontaire en Espagne.

Français par "réintégration", Philipp Urban (parfois ortographié Uhrbahn ou Uhrban), fils illégitime de Marguerite Urban, résidait à Strasbourg. Lors de la Première Guerre mondiale, il fut arrêté le 31 juillet 1914 (voir Altenbach) puis mobilisé dans l’armée allemande et fait prisonnier le 16 avril 1917.

Après la guerre il fit de nombreux déplacements entre la France et l’Allemagne. Le 19 août 1933 il fut condamné à Strasbourg à un mois de prison et 25fr. d’amende pour « coups et blessures », puis, le 17 décembre suivant, à quinze jours de prison à Dôle pour « vagabondage ».

En 1935 il était l’éditeur de Freie Erde (Strasbourg, numéro 1 en avril 1935, 4 numéros en tout) qui était, après Die Fackel (Strasbourg) publié avant guerre, le premier journal anarchiste publié en Alsace en langue allemande. Ce journal devait être l’une des six éditions régionales "rédigées et administrées selon le principe de la décentralisation fédéraliste" de l’organe mensuel Terre Libre (Nîmes, 1934-1936) de l’Alliance libre des anarchistes de la région du Midi (ALARM) animée par André Prudhommeaux. Le 5 avril 1935 Urban fut arrêté sur le chantier du bâtiment où il travaillait et interrogé plusieurs heures.

A l’été 1936 il était membre de la Fédération anarchiste de langue française (FAF) et gagna l’Espagne où il s’enrôla dans la Colonne Durruti ; il y fut un temps délégué. Sur une liste établie en janvier 1937 et recensant les miliciens du groupe international contrôlés par l’organisation anarcho-syndicaliste allemande DAS, il était signalé comme étant à Barcelone après avoir été blessé ; selon lui, cela se passa le lendemain de l’enterrement de Durruti. En 1937 il figurait sur une liste intitulée « Menées terroristes » de la Sûreté générale, liste répertoriant les « individus susceptibles de commetre un attentat contre le président de la République ».

À son retour d’Espagne, il vécut un temps, semble-t-il, à Nîmes (Gard) où il faisait des travaux d’électricité et était hébergé vraisemblablement par le couple Prudhommeaux. Il fut à cette époque en relation avec Voline. En février 1938, il habitait Paris où il donnait pour adresse celle du Libertaire, 108 quai de Jemmapes, et où il avait l’intention de fonder un nouveau journal en langue allemande. Cela ne se réalisa apparemment pas.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155102, notice URBAN Philipp, Jacques [ou Uhrbahn] [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Daniel Vidal, Marianne Enckell, version mise en ligne le 16 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Rolf Dupuy, Daniel Vidal, Marianne Enckell

SOURCES : AD Gard 1M757, 1W174 — Lettre de Dieter Nelles, juillet 1990 — Libertaire, 12 avril 1935 — Bulletin du CIRA, Marseille, n°23-25, 1er semestre 1985 — Notice de Léon Strauss in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne. — note de René Fugler. — Lettre de Philipp Urban à Fritz Brupbacher, 8 février 1938, Archives Brupbacher, Amsterdam IISG.

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