PERSICI Celso [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Françoise Fontanelli Morel

Né à Crespellano (Bologne) le 9 décembre 1896, mort à Nice (Alpes-Maritimes) le 15 septembre 1988 ; ouvrier du bâtiment ; anarcho-syndicaliste.

Celso Persici
Celso Persici
Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône

Celso Persici avait adhéré très jeune au mouvement anarchiste et dès 1913 avait été condamné pour ses activités. Il était alors en étroit contact avec notamment Gino Balestri*, Luigi Fabbri et Armando Borghi.

Celso Persici, qui avait été arrêté à Bologne le 4 décembre 1919 pour « incitation à la haine de classes » a été l’un des plus actifs militants de l’Unione Giovanile Rivoluzionaria Italiana fondée à Parme lors du congrès tenu de l’Union Syndicale Italienne (USI) les 20-22 décembre 1919. Collaborateur de Umanità Nova et de Guerra di Classe, il fut condamné le 27 mai 1921 à 8 mois et 22 jours de prison. De 1920 à 1923 il fut membre du secrétariat de la Camera del Lavoro.

Avec son frère Antonio, il s’exila ensuite en France où il serait arrivé en 1923 et où il aurait alors travaillé pour la Maison César Ranuzzi à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle). Vers mars 1924 il monta à Paris, où il résida d’abord rue de Choisy puis à Fontenay-sous-Bois chez Onofrio Gilioli* qui accueillait alors de nombreux réfugiés italiens. En septembre 1925 il participa au congrès tenu à Paris par les réfugiés italiens. Il résida par la suite 2 rue Danton à La Courneuve où résidèrent également son père, sa mère et un de ses frères.

En 1930, pour des raisons de santé, il se fixa à Nice, Chemin du Vallon Obscur, où au hasard de l’embauche, il travailla comme ouvrier maçon sur les chantiers de la région. Puis, le 17 avril 1934, il partit avec sa compagne Libera Proni pour Marseille où il allait travailler comme ouvrier cimentier spécialisé pour la Maison Aixando et Goyet, dont le siège se trouvait 56 Avenue de la Timone, puis comme chef de chantier d’une entreprise de bâtiment.

Il devint membre de l’Université prolératienne marseillaise. Il habitait alors 62 boulevard Bompart et sa compagne travaillait comme tailleuse. Il participa à l’époque à la coopérative ouvrière de ravalement fondée par Dino Angeli* où allaient travailler de nombreux compagnons au chômage forcé ou sous le coup d’une expulsion. Cette coopérative à laquelle participèrent entre autres Gino Balestri, Cesare Fietta, Horatio Del Condi, Emilio Predieri, Virgilio Fabrucci et Pio Turroni*, sous-traitait pour la Simex.

En 1934 Persici était membre du groupe de la Belle-de-Mai de la Fédération anarchiste du sud-est. En octobre 1934, pour le travail, il alla en Algérie pour quelques mois avant de revenir à Marseille. Arrêté à Marseille le 16 novembre 1935, il fut l’objet d’une mesure d’expusion (datée du 14 novembre) et partit pour l’Espagne.

En 1937 il était, aux côtés de D. Ludovici* et V. Gozzoli*, l’un des représentants de l’USI au siège du comité régional catalan de la CNT-FAI à Barcelone. Rentré en France apès l’assassinat en mai 1937 par les staliniens de Camillo Berneri* et Barbieri, il alla alors à Brest où il fut arrêté par la police et incarcéré pour « infraction à l’arrêté d’expulsion ».

En mars 1937 sa compagne Libera Proni avait demandé une carte de travail mais ne parvint pas, malgré un avis favorable du Ministère du Travail, à l’obtenir auprès du service de la main-d’œuvre de Marseille. Le 5 août le Ministère du Travail lui accorda finalement une carte de Travailleur mais le 11 août le Ministère de l’Intérieur refusa toujours de lever l’interdiction de séjour. Malgré l’appui de la Ligue des Droits de l’homme elle ne l’avait toujours pas obtenue en février 1938, tout comme leur fils Vertice qui se heurta lui aussi à un refus. La Ligue des Droits de l’homme, qui n’avait cessé de le soutenir depuis sa première arrestation, remarquait que "Si dans le cas de Persici père, il y a injustice, dans le cas de la famille, il y a cruauté".

Libéré début 1939, Persici partit alors pour l’Afrique du Nord. Le 19 juillet il fut arrêté à Oran avec Edoardo Angeli* dit Dino et Edmondo Lelli et condamné à un an de prison pour usage de faux papiers. Après l’armistice, il gagna le Maroc où il participa à la Résistance et au réseau mis en place pour permettre à de nombreux antifascistes d’échapper aux recherches de la Commission italienne d’armistice installée à Oran. En septembre 1943, après le débarquement allié en Afrique du Nord, il retrouva à Oran sa compagne Libera.

Rentré en Italie à la Libération, il participa activement à la reconstruction du mouvement libertaire italien avant de revenir en France rejoindre son fils Vertice à Marseille et à Nice. En 1948 il était membre de la Fédération anarchiste et de l’USI à Marseille et remplaça Mariani Gusman à la tête du sous-secrétarait de l’AIT pour l’Europe occidentale.

Dans les années 1960 il aida les jeunes compagnons français, dont René Bianco*, lors de la fondation de l’annexe marseillaise du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155061, notice PERSICI Celso [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Françoise Fontanelli Morel, version mise en ligne le 24 mars 2014, dernière modification le 11 novembre 2017.

Par Rolf Dupuy, Françoise Fontanelli Morel

Celso Persici
Celso Persici
Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône

SOURCES : Dizionario biografico degli anarchici…, op. cit. (Notice de N.S. Onifri) — C. Silingardi, Rivoluzio Gilioli…, op. cit. — AD Gard 1M157 — Bulletin du CIRA, Marseille, n° 19-20, 1983 (Souvenirs de M. Desmoulins) & n° 23-25, 1985 (Témoignages) — AD Bouches-du-Rhône 4M 2422, rapport de la DGSN au ministre de l’Intérieur, 16 mai 1935 — Notes d’Anne Steiner.

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