MONTET Maurice, Georges [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 16 novembre 1944 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ; fondateur du Comité de soutien aux objecteurs de conscience ; conseiller à l’emploi.

Il vit à Paris. Son père Jacques Montet, né en 1906 à Bizerte (Tunisie), décédé en 1977 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), était importateur industriel. Sa mère, Julie Rumpf, née en 1910 à Paris, décédée en 2005 à Puteaux (Hauts-de-Seine), était dessinatrice dans l’imprimerie (dessin de couverture de livres reliés, illustration de romans). Sans engagement politique, les parents de Maurice Montet furent actifs dans le scoutisme et le service social protestants. L’un de ses frères, Jean-Claude, fut responsable syndical à la CGT-FO

Après une première année d’études d’assistant social, commune avec les infirmières, Maurice Montet fut embauché comme employé à l’hôpital Tenon à Paris où il travailla de 1967 à 1973. À cette date, il entra à l’ANPE comme conseiller emploi-formation et y resta jusqu’à sa retraite en janvier 2007.

À l’ANPE, il fut délégué syndical CFDT, puis quitta ce syndicat avec ses collègues à l’arrivée de Nicole Notat pour rejoindre le SNU-FSU.

Son itinéraire militant fut influencé par Louis Lecoin, May Picqueray, Maurice Laisant, Jean Gauchon, pour ne citer qu’eux. En 1965, à 21 ans, Maurice Montet se déclara objecteur de conscience. Sa demande de statut pour effectuer un service civil fut refusée pour forclusion. En situation d’insoumission, il fut réformé à cause de sa colonne vertébrale, ce qui lui évita une condamnation à la prison. C’est alors qu’il effectua des chantiers bénévoles avec le Service civil international (1965-1970).

De 1966 à 1972, il fut membre de l’équipe qui animait la revue Anarchisme et non-violence et participa aux événements de Mai 68 (manifestations, comités de grève, ramassage des blessés en ambulance à l’aube après les manifs, participation au comité étudiants-travailleurs de Censier, soutien aux ouvriers grévistes...).

En 1968, il co-fonda le Comité de soutien aux objecteurs de conscience de Paris dont il fut secrétaire jusqu’en 1972. En 1969, il adhéra à l’Union pacifiste de France, devint membre du secrétariat et en est le secrétaire depuis 1994. En 1985, il fut l’un des membres fondateurs du Bureau européen de l’objection de conscience, il fut membre du bureau, vice-président puis de nouveau membre du conseil jusqu’en 2009. Il co-fonda en 1993 et devint secrétaire du Comité Louis-Lecoin pour le soutien du Bureau européen de l’objection de conscience. Dans la même période, il fut délégué de section au conseil de l’Internationale des résistants à la guerre (1986-1994). Il participe régulièrement à l’animation de l’émission "Si vis pacem" sur Radio libertaire.

Il collabore par ailleurs à la presse libertaire, particulièrement dans Union pacifiste où il assure toutes les informations sur l’objection de conscience depuis 1969, le rapport annuel sur l’objection et la rubrique « Front ». C’est lui qui rédige la plupart des nécrologies des anciens du mouvement pacifiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155046, notice MONTET Maurice, Georges [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 25 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE : Union pacifiste, - « TPFA = inquisition », n°184, février 1983. - « Les divers courants de l’objection », janvier 1984. - « Abolir l’esclavage », juin 1994. - « L’objection de conscience et la poursuite de l’œuvre de Louis Lecoin », mars 1999.
Articles occasionnels dans la presse libertaire et pacifiste : - « Autodafé de livrets militaires », Anarchisme et non-violence, n° 21, janvier 1970. - « Louis Simon », Le Monde libertaire, n° 372, 23 octobre 1980.
- « Si vis pacem, para pacem : unilateral desarmement », War Resisters International Newsletter, juillet-août 1987.

SOURCE : Témoignage direct, juin 2009.

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