LEONI Matthia [dit Mathias] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 22 mars 1897 à Puerto Calello (Vénézuela) ; décédé à Paris le 25 février 1984. Sculpteur et peintre anarchiste italien réfugié en France.

Né dans une famille de marbriers et sculpteurs originaires de Luca (Toscane), Mattia Leoni fit ses étude à l’école des beaux arts de Carrare.
Comme son frère Leonida, Mathias Leoni avait adhéré très jeune au mouvement libertaire à Carrare.
En 1915 il fut condamné à 25 jours de prison et une amende pour, lors d’une manifestation contre la guerre, avoir lancé des projectiles sur la police. Au cours de la guerre, avec son frère et d’autres insoumis de la région, il se cacha dans un petit village de montagne de la région de Carrare. Vers cette même époque il aurait tenu dans un journal anarchiste "la rubrique du soldat". Le petit groupe sera découvert par les carabiniers le 20 novembre 1917. Tandis que Leonida parvenait à s’enfuir, Mathias était arrêté et incarcéré.

Vers 1923 les deux frères et leurs parents parvenaient à s’exiler en France où ils s’installaient à Paris.

En 1935 il résidait avec son frère Leonida à La Ruche au 2 Passage de Dantzig (XVème arr.) et figurait sur une liste d’anarchistes de la région parisienne. Dans son atelier il travailla notamment pour Miro, Chagall et Léger et fut l’auteur de nombreux bustes. Avec sa compagne Ida, dont il avait deux enfants - Lucienne (1923) et Léonard (1933), il y recevait de nombreux compagnons - dont Sébastien Faure et Makhno - qu’il hébergeait parfois. C’est dans on atelier que, à la fin des années 1930, auraiet été préparés certains attentats contre des responsables fascistes italiens.

A la fin des années 1960, Mathias Leoni avait un petit atelier d’artiste situé dans une cour au 3 rue Vercingérorix (Paris 14e arr.). Il le mit à la disposition du groupe Albert Camus de l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste (ORA). C’est dans ce local que se réunissait en 1968-69 le Collectif national de l’ORA dont faisaient alors partie Guy Malouvier*, Michel Cavallier*, Richard Pérez* et Maurice Fayolle*.
Il collabora également à l’organe de l’ORA, L’Insurgé, où notamment il dénonça les projets scandaleux de destruction des ateliers de La Ruche , 2 Passage de Dantzig (cf. numéro 10, 15 février 1969).

En 1968, Mathias Leoni fut le graveur et fondeur d’une médaille en bronze à l’effigie de Bakounine, puis en 1970 d’une autre médaille représentant Jules Vallès.

Mathias Leoni, qui avait participé à diverses expositions (Musée Molière de Meudon, Salon des artistes français, Salon des Indépendants), est décédé le 25 février 1984 à Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155033, notice LEONI Matthia [dit Mathias] [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 22 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Dizionario Biografico degli anarchici…, op. cit. — Notes D. Dupuy — Le Monde libertaire, mars 1984 —http://pacosalud.blogspot.com/2012/03/mattia-leoni-anarquista-venezolano.html

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