BAILLOT Louis

Par Claude Willard

Né le 11 mai 1924 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 8 mai 2007 à Paris (XIIe arr.) ; ingénieur ; dirigeant et élu communiste de Paris, membre du bureau national de l’UJRF, puis de la JC (1948-1955), membre du comité central du PCF (1961-1964, 1970-1996) ; conseiller municipal de Paris et conseiller général (1953-1989) ; député de Paris (1967-1968, 1973-1978), député européen (1979-1984, 1986-1989).

Louis Baillot
Louis Baillot

Louis Baillot naquit rue de l’Abreuvoir sur la Butte-Montmartre (XVIIIe arr.), maison qu’il habitait toujours en 1997. Son père, Henri, d’origine corrézienne, était tailleur d’habits. Inscrit aux Jeunesses socialistes de 1908 à 1910, il admirait beaucoup Marcel Cachin, élu conseiller municipal du XVIIIe en 1912. Gazé durant la guerre, il était très antimilitariste, anticlérical, flirta un temps avec les anarchistes et lisait l’Humanité. En 1923, il se maria avec Marie-Louise Chemin, d’une famille de tout-petits paysans de l’Orne, vendeuse dans une charcuterie parisienne. En empruntant, ils achetèrent une petite buvette-épicerie, 14 rue de l’Abreuvoir, où naquit Louis. Mais ce commerce ne suffisant pas à faire vivre la famille (deux enfants), le père continua à exercer un autre métier.

Louis Baillot, après des études primaires brillantes, passa avec succès, en 1937, le concours d’entrée à l’école primaire supérieure Colbert, rue Château-Landon (XIe). Il réussit le concours des Arts et Métiers (promotion 1942-1945). En 1946, il décrocha, à l’École nationale supérieure des moteurs, un deuxième diplôme d’ingénieur.

En septembre 1946, il entra comme ingénieur à la station Claude Bonnier (station de recherche dépendant de la direction des carburants) à Meudon (Seine-et-Oise), puis, en 1947, sur demande du Parti communiste, à l’Office national d’études et de recherches aéronautiques (ONERA), à Châtillon (Seine) ; mais, en mars 1949, il en fut licencié pour ses activités anticolonialistes.

Louis Baillot avait adhéré au PCF en même temps que son père, en août 1944. Il monta en 1945 la première cellule des Arts et Métiers, qui organisa une conférence de Frédéric Joliot-Curie* sur l’énergie atomique, sous la présidence d’André Marty. En août 1945, ayant quitté les Arts et Métiers, il fut élu au comité de section des Grandes-Carrières (XVIIIe). Sur insistance pressante de son secrétaire de section, il milita à l’Union des jeunesses républicaines de France. Jusqu’en 1955, il consacra l’essentiel de ses activités militantes à la jeunesse (UJRF, puis Jeunesses communistes) : membre du secrétariat fédéral de la Seine en 1947, il fut membre du bureau national de 1948 à 1955, plus spécialement affecté à la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique. Il fut ainsi un des principaux organisateurs du 3e festival de la jeunesse démocratique (Berlin, août 1951), où la délégation française (près de 4 000 jeunes) monta avec grand succès la fresque-opéra de Henri Bassis* et Joseph Kosma* : À l’assaut du ciel.

Lors de la répression anticommuniste de 1952, Louis Baillot fut emprisonné du 8 octobre 1952 au 28 juillet 1953 à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Les événements choisirent ainsi pour lui la carrière politique : il dut abandonner tout espoir de retrouver un poste d’ingénieur de l’aéronautique et devint, alors qu’il était encore en prison, tête de liste aux élections municipales dans le XVIIIe arr. (26 avril-3 mai 1953).

Louis Baillot demeura conseiller municipal et conseiller général pendant trente-six ans, de 1953 à 1989, date où il demanda à ne plus être représenté. Il s’occupait surtout des questions budget-finances, de l’enseignement, de la jeunesse et des sports. De 1965 à 1971, il présida le groupe communiste du conseil municipal.

Présenté aux élections législatives de novembre 1958 et de 1962, il fut élu député du XVIIIe (La Chapelle-Goutte d’Or) en 1967. Battu en 1968, il fut de nouveau député de 1973 à 1978. Par la suite, de 1979 à 1984 et de 1986 à 1989, il fut député européen.

Ses fonctions dans le PCF changèrent. Deux ans, en 1955-1956, il fut responsable des écoles fédérales parisiennes (de 15 jours), qui se tenaient à Bagnolet. De 1956 à 1961, il fut, au secrétariat fédéral de Paris, responsable aux intellectuels. Élu membre du CC au XVIe congrès (mai 1961), il travailla, avec Léo Figuères*, à la Section des intellectuels. Ce qui lui valut sans doute (comme à Figuères pour le secrétariat) de ne pas être réélu par le XVIIe congrès, en mai 1964 (sans qu’une explication ne lui en soit donnée). Il se consacra alors au comité fédéral et à ses tâches d’élu.

Réélu au comité central au XIXe congrès (février 1970), il le resta jusqu’en décembre 1996. En 1970 lui fut confiée, sous la direction de Roland Leroy, la responsabilité des éditions du PCF. Mais, trois ans plus tard, estimant qu’il ne « faisait pas le poids », Louis Baillot demanda à en être relevé. Il fut dès lors affecté aux problèmes de défense nationale et de police-sécurité. Occupation qu’il cumula, à partir de 1993, avec celle de président de l’Amicale des vétérans du PCF. Il fut un des dirigeants de France-URSS.

Marié en juin 1955 avec Yvette Cabrejas, coiffeuse (meilleure ouvrière de France), ils eurent deux filles, Marie-Paule et Françoise, nées en 1958 et 1960.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15502, notice BAILLOT Louis par Claude Willard, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 11 novembre 2018.

Par Claude Willard

Louis Baillot
Louis Baillot
Louis Baillot
Louis Baillot
Assemblée nationale, Notices et portraits.
Les candidats communistes de Paris aux élections législatives de 1967
Jean Wlos, Raymond Laurens, Louis Baillot, Jean Gager, Urbain Nedelec, Camille Denis
Jocelyne George, La commune en partage, op. cit.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arts et Métiers Magazine, mars 1996. — Interview de Louis Baillot (1997). — État civil de Paris (XVIIIe arr.).

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