Né à Mataro (Barcelone) en 1902, mort à Vénissieux (Rhône) le 24 février 1990. Ajusteur mécanicien et instituteur rationaliste. Militant de la CNT-FAI en Catalogne et dans le Rhône.

Né de parents aragonais émigrés en Catalogne, Vicente Galindo Cortes fut écolier dans un centre religieux d’où il sortit avec une véritable passion pour la lecture et la littérature et une profonde aversion pour la religion. Apprenti mécanicien à Badalone en 1917 il commença à militer à la CNT. Il était très lié au néomalthusien Bulffi qui l’avait initié à l’anarchisme individualiste, à E. Armand*, Lorulot*... aux idées desquels il restera toujours fidèle. Insoumis au début des années 20, il s’exila en France et travailla dans les mines et l’agriculture à Graissesac (Hérault) où il organisa un groupe dont les actions l’obligèrent à partir pour Marseille puis Lyon où il travailla comme ajusteur et participa au Centro de Estudios Sociales. En 1924 il était à Perpignan où il participa aux complots de la CNT contre Primo de Rivera. Puis il gagna Paris où il fréquenta Sébastien Faure*, Armand, Han Ryner*, V. Orobon Fernández, et commença à écrire dans la presse libertaire.
Rentré clandestinement à Barcelone, il fut membre du Comité Péninsulaire de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI). Puis il partit pour le Levant (Elche, Valence, Elda) où il fut membre du Comité régional valencien de la FAI. Instituteur de l’école rationaliste d’Elda, il y dirigea les revues La Voz Del Pueblo (1928), Proa (1931-32), puis durant la guerre civile Vida (Valence 1938-39), Al Margen (Barcelone/ Elda, 1937-38). En 1936 il retourna à Barcelone et fut rédacteur de Solidaridad Obrera pendant toute la guerre. Il remplaça à plusieurs reprises le directeur Liberto Callejas quand ce dernier était malade. Il a été également correspondant de guerre sur le front d’Aragon.
A la fin de la guerre civile, Galindo Cortes fut arrêté sous une fausse identité, ce qui lui sauva la vie. Libéré vers 1944 il partit alors pour Grenade où il établit des contacts avec la résistance libertaire. Au bout de dix-huit mois il retourna en Catalogne à Badalone où il milita à la CNT et à la FAI. En 1945 c’est lui qui faisait office de directeur de Solidaridad Obrera clandestine.
Pour échapper à la répression il dut s’exiler en France et s’installa à Lyon (Rhône). Secrétaire de culture du Secrétariat Intercontinental (SI), il fut également le fondateur de la Société des Libertaires espérantistes (Liberacana fraktio) et de son bulletin Libera Ligilo. Il occupa à plusieurs reprises des responsabilités dans l’organisation libertaire de la région Rhône-Loire et collabora à toute la presse de l’exil sous divers pseudonymes : Fontaura, Ciro Palermo, Evelio, Daniel Brel, Helios Aracil...
Dans les années 1970, en désaccord avec la politique du mouvement libertaire espagnol en exil, Vicente Galindo se mit à l’écart de l’organisation avant d’y retourner dans les années 1980. Il a collaboré aux travaux du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme (CIRA) de Marseille, en particulier au Bulletin consacré aux "Anarchistes espagnols dans la tourmente" (1989).
Vicente Galindo Cortes est mort à Venissieux (Rhône) le 24 février 1990 et a été incinéré à Lyon le 28 février. Une grande partie de ses archives et collections ont été léguées à l’Association Isaac Puente de Vitoria qui les céda ultérieurement au CIRA de Lausanne et à la Fundación Anselmo Lorenzo de Madrid.

ŒUVRE : Felipe Alaiz, anarquista heterodoxo, Caracas, 1978 — La juventud ante la incognita del mañana — Anarquismo para anarquistas, Caracas, 1971 — Un tarde en el parque (inédit) — El anarquismo en Alicante, Alicante, 1987 — "La celda numero ocho" (paru en feuilleton dans Solidaridad Obrera, Paris) — Hacia una vida mejor en la ruta de la CNT, Choisy, 1969 — Como es posible vivir actualmente en anarquia, Valence, 1934 — El conquistar la libertad, Madrid, 1985 — La estela de los recuerdos, Vitoria, 1986 — Anarquismo individualista en la sociedad de consumo, Caracas, 1975 — El periodismo independiante y libertario de Felipe Alaiz, Vitoria, 1990
Il a collaboré entre autres aux journaux suivants : Acción Social Obrera (S.Feliu de Guixols,1928-29), España Nueva, Tiempos Nuevos (Paris), Tierra y Libertad (Espagne), Cultura Proletaria (New York), Tierra Y Libertad (Mexico), Frente Libertario (Paris), Umbral (Paris), Solidaridad Obrera (Paris), Espoir, Le Combat Syndicaliste, Cenit, Ruta, Sistema Comunal, IRL (Lyon).

SOURCES : M. Iñiguez, Enciclopedia historica del anarquismo..., op. cit. — Notes D. Dupuy.

Rolf Dupuy

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