ROUSSEAU Claudette, épouse Rosell [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir, Ninon, Thyde, Wally Rosell

Née le 22 juin 1923 à Angers (Maine-et-Loire) dans une famille d’instituteurs laïcards ; militante de la Fédération anarchiste et de FO, responsable à la Ligue des droits de l’homme ; sage-femme.

Après le premier divorce de sa mère, Suzy Chevet, Claudette rejoignit Saint-Malo. En 1936, au lycée, elle adhéra aux jeunesses socialistes. Dès 1940, elle participa à des réseaux d’évasion et de soutien aux réfugiés antifascistes espagnols avec sa mère et son beau-père, cheminot, socialiste, adhérent de la CGT. Celui-ci fut arrêté et assassiné en 1941. Claudette Rousseau fut arrêtée à son tour une première fois en 1941, puis elle rencontra José Rosell et intégra le réseau Robur, composé de militants libertaires espagnols, comme agent de liaison sous le nom de Petardo. Claudette Rousseau fut de nouveau arrêtée le 6 juin 1944 et incarcérée à la prison de Rennes.

À la Libération, elle suivit des études de sage-femme à Rennes. Elle « monta » à Paris où elle vécut à la Goutte d’Or avec José Rosell, qu’elle épousa en 1949.
Rapidement, elle adhéra au groupe libertaire Louise-Michel (XVIIIe) et à la CGT-FO, dès qu’elle travailla comme sage-femme à la Sécurité sociale. Sa conception du métier de sage-femme l’amena à participer dès les années 1950 aux luttes des femmes, pour la contraception et l’IVG notamment, à travers sa collaboration au Planning familial et aux centres de protection maternelle infantile (PMI). Elle créa des consultations PMI dans les bidonvilles de Nanterre, Saint-Denis, pendant la guerre d’Algérie et jusqu’à leur disparition. Claudette Rousseau-Rosell, à cette date, ne pouvant pas mener de front une vie familiale et un double militantisme, se concentra sur le militantisme syndical et au sein de la Ligue des Droits de l’homme du XVIIIe dont elle prit la présidence après la mort de sa mère en 1972.

À cette période, elle fut détachée de la Sécurité sociale (au sein de laquelle elle était trop souvent confrontée aux agissements « staliniens » des militants trotskistes du PCI) pour travailler au sein de la commission femmes confédérale de la CGT-FO avec Paulette Hofman.

Claudette prendra aussi une part active à la vie de l’UD-FO Paris et surtout au sein de l’association des consommateurs : l’AFOC. À son initiative, cette organisation accueillit des objecteurs de conscience de la FA.

Claudette et José Rosell ont fini leur vie militante en soutenant l’école libertaire Bonaventure sur l’île d’Oléron.

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Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154960, notice ROUSSEAU Claudette, épouse Rosell [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, Ninon, Thyde, Wally Rosell, version mise en ligne le 29 avril 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Hugues Lenoir, Ninon, Thyde, Wally Rosell

ŒUVRE : Une vie de militante associative, LDH, Paris, 2001.

SOURCE : Témoignages directs, décembre 2009.

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