PASSEVANT Christiane [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Née à Paris à l’hôpital Saint-Antoine le 7 janvier 1945. Militante anarchiste et féministe, responsable CGT.

Elle a vécu tout d’abord à Nice et en Allemagne entre 1945 et 1950, puis, entre 1962 et 1976, dans de nombreuses villes étrangères (Hambourg, Londres, Barcelone, Rabat, Casablanca). Depuis son retour en France en 1977, elle vit à Paris. Elle est la fille de Rosalie Le Bastard née à Langouelan, en Bretagne, le 26 septembre 1917, qui était couturière, et d’un père hôtelier, Jacques Passevant, né à Paris (14e arr.) le 15 juin 1921. Ni l’un ni l’autre n’eurent d’activités militantes. Elle étudia au lycée Octave-Gréard à Paris d’où elle fut renvoyée en 1961 pour « mauvaises influences sur ses camarades », ce qui la conduisit à passer son bac à Barcelone en 1963. De 1967 à 1974, elle vécut de la vente de ses bijoux et de sa peinture qu’elle exposait dans des galeries tant à Paris qu’en Espagne ou aux États-Unis. Depuis novembre 1976 (en free-lance jusqu’en 1984), elle est chargée de réalisation TV et responsable de la postproduction pour l’image des chaînes de Radio France à la télévision et au cinéma, en particulier des bandes-son. Elle réalise par ailleurs des programmes musicaux et des films de promotion.

Elle fut influencée par l’existentialisme grâce à une professeure de lettres et à une professeure d’histoire, de même que par des discussions et des prises de position contre le colonialisme et la guerre d’Algérie. Lors de ses nombreux voyages et séjours à l’étranger, en Angleterre en 1962 et en 1964 et en Allemagne en 1963, elle participa aux premières luttes antinucléaires. Entre 1962 et 1976, elle milita sur le terrain pour les droits des femmes, en France, en Espagne et au Maroc, où elle reçut des femmes pour faire des interruptions volontaires de grossesse dans de bonnes conditions médicales. Pendant cette période, elle vécut le mouvement de contre-culture libertaire en tant qu’artiste et artisane. C’est avec son retour en France en 1976 qu’elle intégra ces expériences à un engagement plus classiquement politique, de 1986 à 1990 en rejoignant le Collectif des Amis de Spartacus. En mars 1990, elle participa activement à la grève de treize jours pour la hausse des bas salaires à Radio France. En janvier 1991, quand éclata la guerre du Golfe, elle participa à plusieurs groupes anti-guerre, notamment au sein de Radio France. Elle partit en Israël/Palestine pour faire plusieurs reportages sur les femmes et étudier la situation engendrée par l’occupation. Depuis 1992, après avoir participé aux Chroniques syndicales, elle anime les Chroniques rebelles de Radio libertaire.

Lors de son retour en France en septembre 1976, elle adhéra à la CGT de 1977 à 1981, puis à la CFDT de 1981 à 1986. Depuis 1995, elle est membre du bureau de la CGT (SNRT-CGT) de Radio France et présidente de la commission des activités sociales et culturelles depuis 1998. Christiane Passevant est élue depuis 1995 au CE et CCE de Radio France au titre de la CGT.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154951, notice PASSEVANT Christiane [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 8 mars 2014, dernière modification le 4 mai 2014.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE : Depuis 1990, articles pour Le Monde Libertaire, Courant alternatif, Les Temps maudits. Membre du comité de rédaction de Divergences. Collaboration aux livres de Larry Portis, IWW, Syndicalisme révolutionnaire aux États-Unis (1985, Spartacus) et La Canaille ! Histoire sociale de la chanson française (2004, CNT-RP) — Photos pour Les Temps maudits, Le Monde Libertaire, Réfractions… — La Main de fer en Palestine (1992, Éditions du Monde Libertaire). — Dictionnaire Black (1995, co-auteure, éditions Jacques Grancher). — Dictionnaire des chansons politiques et engagées (2008, coauteure, Éditions Scali)

SOURCES : témoignage direct, avril 2008.