GANDINI Jean-Jacques, André, René [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 23 janvier 1948 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; militant anarchiste, membre de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), avocat.

Son père, né le 20 mai 1922 à Grenoble et décédé le 14 décembre 2009, receveur divisionnaire, et sa mère, née le 14 janvier 1923 à Montpellier, dactylo puis mère au foyer, furent durant la Résistance (1943-1944) des militants anonymes, lui réfractaire au STO, elle agent de liaison dans le maquis. De milieu catholique, ils se définissaient comme mendésistes. Jean-Jacques Gandini, engagé dans le scoutisme, devint athée à 16 ans et se passionna pour le monde chinois. C’est en 1966 qu’il se radicalisa au cours d’un séjour d’un an aux États-Unis. Il revint de la Santa Maria High School, California, diplômé de fin d’études secondaires.

En 1967, il entama des études supérieures et participa à l’occupation de la faculté de droit de Nice en mai 1968. Il poursuivit ses études à Grenoble de 1970 à 1976 et, outre sa licence en droit, obtint un diplôme de troisième cycle de sciences politiques. En décembre 1976, il devint avocat et se spécialisa dans la défense des libertés publiques, des exclus et du mouvement consumériste. Il s’installa à Montpellier et fit la connaissance de Ronald Creagh (voir ce nom).

Du point de vue militant, il intégra en 1969 l’ORA à Nice (groupe Varlin avec Athos (Bruno Di Lorenzo), puis le groupe Petritchenko avec Georges Rivière). « Il se ressent en effet bakouninien dans l’âme », mais apprécie la pensée économique de Marx et la critique de la société du spectacle. Par le biais du Comité de relations de l’Internationale des Fédérations anarchistes (CRIFA) et de Guy Malouvier (voir ce nom), il obtint ses premiers éléments bibliographiques sur Pa Kin et le mouvement anarchiste chinois dont il devint spécialiste.

Après avoir participé comme délégué à une rencontre nationale de l’ORA de 1971 à Paris où fut repoussée la fusion ORA-MCL, il s’éloigna alors de l’ORA à la suite de sa « dérive » de plus en plus « marxienne ».
Il fut très engagé dans la mouvance anarchiste grenobloise durant ses études (lutte antifranquiste avec Ideal Bernadas et soutien aux insoumis dont Alain Gil (voir ce nom). Il participa aux débuts de La Gueule ouverte et fonda le Comité autonome de chômeurs. Il adhéra en 1972 au CIRA de Lausanne de M.-C. Mikhaïlov et écrivit ses premiers articles dans IRL (Informations rassemblées à Lyon qui deviendra ensuite Informations et réflexions libertaires), tout en diffusant les Cahiers Spartacus. C’est alors qu’il rencontra Marianne Enckell et Louis Mercier-Vega (voir ces noms) et se rapprocha de la revue quadrilingue Interrogations et de sa branche italienne animée par Luciano Lanza, Rossella di Leo, Amedeo Bertolo. Jean-Jacques Gandini publia en 1975 sa première brochure Où va la Chine ? En 1980, il participa aux Journées libertaires de Montpellier et tenta de relancer le Centre de recherche sur l’expression libertaire (CEREL).

Dans les années 1980-1990, Gandini intervint dans un certain nombre de colloques anarchistes internationaux (Milan, Venise, Saignelégier, Barcelone, Lisbonne, Grenoble) en liaison avec le Centro di Studi Libertari de Milan et publia ses premiers ouvrages en 1985-1986 à l’Atelier de création libertaire : Pa Kin, le coq qui chante dans la nuit et Aux sources de la révolution chinoise : les anarchistes. Il était alors en contact avec le groupe anarchiste de Hongkong. Il se rapprocha à ce moment-là, par l’intermédiaire de Crapaud (voir ce nom), du Monde libertaire, dont il est depuis un contributeur régulier. En 1994, il participa à Montpellier aux Journées libertaires, en 1996 à la Mostra du livre libertaire, en 1999 aux Journées sur l’écologie sociale et Élisée Reclus.
En 1996, il fut l’un des cofondateurs de la revue semestrielle de recherches et expressions anarchistes Réfractions et, en 1997-1998, du Centre Ascaso-Durruti (archives d’Abel Paz). Toujours actif dans le mouvement anarchiste montpelliérain, il est parallèlement, depuis 1977, membre de la Ligue des droits de l’Homme et, depuis 1979, du Syndicat des avocats de France, au sein desquels il a également exercé, et continue d’exercer, différentes responsabilités.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154919, notice GANDINI Jean-Jacques, André, René [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 27 avril 2014, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE (sélection) : De nombreux articles dans Le Monde libertaire, Alternative libertaire (Belgique) et Rivista Anarchica (Milan). - Chine fin de siècle : tout changer pour ne rien changer, Lyon, ACL, 1994. - Le Procès Papon : histoire d’une ignominie ordinaire au service de l’État, Paris, Éditions Librio, 1999. Chine fin de siècle II : China Incorporated, Lyon, ACL, 2000. Anthologie des droits de l’Homme (1998), Paris, Éditions Librio, réédité en 2003.

SOURCES : témoignage direct, novembre 2009.

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