ESCOUBET Gérard [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 22 février 1925, mort le 2 février 1999 à Pujo-le-Plan (Landes). Ouvrier du bâtiment, tailleur, VRP. Militant de FO, de la Fédération anarchiste (FA) et de la Libre Pensée.

Gérard Escoubet était né dans une famille paysanne très religieuse. Il lisait beaucoup et il arriva que son père, sous prétexte que la lecture ne lui servirait à rien, brûle ses livres…

Pendant la guerre, alors qu’il était mineur, il adhéra aux Compagnons de France. Il ne fit pas de « saloperies », il fit de la propagande. À la Libération, il fut « épuré », comme on disait à l’époque : quelques mois de prison et cinq ans d’indignité nationale. Il alla travailler sur les barrages hydroélectriques en construction dans les Pyrénées. Il y rencontra des militants espagnols de la CNT qui le prirent en main et le conduisirent à modifier sa vision des choses.
À la suite d’un accident du travail sur un barrage, il perdit l’usage d’une jambe. Dans un organisme bordelais spécialisé dans la réinsertion des accidentés du travail, il apprit le métier de tailleur et devint secrétaire du syndicat FO de l’habillement à Bordeaux.

Plus tard, il entra dans le personnel civil de la base militaire américaine du Poteau. Il fut secrétaire du syndicat FO, puis secrétaire du syndicat national FO des personnels civils des bases américaines. Lors de la dissolution des bases à la suite de la décision de De Gaulle de quitter le commandement intégré de l’OTAN, Gérard Escoubet devint VRP en livres. À la fin des années 1950, il fut membre de la commission administrative de l’UD-FO de Gironde.

Il fut sensible à la campagne initiée par Louis Lecoin et ses amis pacifistes sur le thème : amnistie pour tous. À l’occasion du meeting du 1er mai 1950 de la CNTF à Bordeaux, au cinéma des Capucins, il intervint, aux côtés de Federica Montseny, en tant que délégué régional de la CNTF.

Il est probable qu’il adhéra à la Fédération anarchiste à l’occasion de la reconstitution de cette dernière, fin 1953, par l’intermédiaire du groupe Sébastien-Faure de Bordeaux. Plus tard il milita aussi à la Libre Pensée.

À l’automne 1993, à l’initiative de la Libre Pensée girondine et du groupe Sébastien Faure dont G. Escoubet était le secrétaire, la tombe de Sébastien Faure située au cimetière des Tilleuls de Royan fut restaurée et une plaque en marbre noir reprenant l’épitaphe d’origine, "À Sébastien Faure le grand orateur libertaire et libre penseur, ses compagnons d’aujourd’hui pour ceux de demain, 14 juillet 1942", fut apposée.

Gérard Escoubet est mort le 2 février 1999 à Pujo-le-Plan (Landes). Ses obsèques civiles et son incinération eurent lieu à Bordeaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154912, notice ESCOUBET Gérard [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 27 avril 2014, dernière modification le 9 décembre 2018.

Par Hugues Lenoir

SOURCES : témoignage de Marc Prévôtel, janvier 2010 — nécrologie d’Yves Peyraut dans Le Monde libertaire n°1153, février 1999 — Notes D. Dupuy.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément