DAENINCKX Didier, Fernand [Dictionnaire des anarchistes]

Par Hugues Lenoir

Né le 27 avril 1949 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ; ouvrier imprimeur, animateur, journaliste puis romancier ; membre fondateur de Ras l’Front.

Son père, Fernand Daeninckx (Paris 1923-Aubervilliers 1990), était tôlier-chaudronnier chez Hotchkiss, à Saint-Denis, et de sensibilité anarchiste ; syndiqué à la CGT, il fut licencié en 1955, après une grève. Sa mère, Cosette Chardavoine, née en 1927 à Fléac-sur-Seugne (Charente-Inférieure), de tendance communiste et syndiquée CGT, fut couturière dans des ateliers parisiens puis cuisinière dans les écoles d’Aubervilliers. Elle assura le passage de militants antifranquistes en Espagne entre la fin des années 1960 et la mort de Franco. Ni l’un ni l’autre n’eurent de responsabilités politiques.

Didier Daeninckx réside à Aubervilliers (93). Il est marié avec Jocelyne Cardin avec laquelle il a eu une fille, Aurélie.

Après une année au lycée technique Le Corbusier (Aubervilliers), en classe de comptabilité-secrétariat, il fut exclu le jour de la rentrée suivante pour indiscipline. Il devint ouvrier imprimeur (1966-1976) chez Johnson, à Saint-Denis, puis chez Aulard, premier imprimeur des éditions de Minuit clandestines. Il fut ensuite animateur culturel (1977-1979) à Aubervilliers, puis journaliste localier 1979-1982 pour 93 Actualités. Depuis 1983, il se consacre à plein temps à l’écriture.

Hormis l’influence de ses parents et l’environnement ouvrier d’Aubervilliers, où il a toujours vécu, l’engagement social de Didier Daeninckx a été aussi dû à la rencontre d’Henri Martin, un voisin qui avait refusé de combattre le peuple vietnamien en 1951 et auquel Jacques Prévert a rendu hommage dans le poème Entendez-vous, gens du Vietnam.

Il fut adhérent de base à la jeunesse communiste de 1963 à 1965, puis au PC de 1965 à 1981, et adhérent au syndicat du Livre CGT (labeur) de 1966 à 1976 lorsqu’il était ouvrier imprimeur. Il fut en 1991 membre fondateur de Ras l’Front, dont il démissionna en 1996 lorsque le porte-parole de l’organisation, Gilles Perrault, préfaça un recueil de textes, Libertaires et ultragauche contre le négationnisme(Réflex, 1996) dans lequel figurait un négationniste.

En 1990, il participa à la campagne pour la libération de Thierry Maricourt (voir ce nom) et soutient régulièrement par des textes (nouvelles et articles) Radio libertaire. Il se définit comme communiste libertaire depuis le début des années 1990 après des rencontres avec Patrick Pécherot qui animait l’émission Si vis pacem sur RL et par des amitiés avec Thierry Maricourt et Sylvain Boulouque.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154898, notice DAENINCKX Didier, Fernand [Dictionnaire des anarchistes] par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 30 avril 2014, dernière modification le 1er mai 2014.

Par Hugues Lenoir

ŒUVRE (extrait) :
Meurtres pour mémoire, Paris, Gallimard, 1984.
Le Der des ders, Paris, Gallimard, 1986, adapté par Tardi en 1997.
Cannibale, Paris, Verdier, 1998.
Jaurès, non à la guerre, Arles, Actes Sud, 2009.
Missak, Paris, Perrin, 2009.
Galadio, Paris, Gallimard 2010.

L’Affranchie du périphérique
, 2009, Paris, Editions de l’Atelier.
« Voix sans issue », Le Monde Libertaire, printemps 1991.
Participation au collectif "Libres comme l’air" édité pour les dix ans de RL.

SOURCES : témoignage direct, février 2010.

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