Né à Alayor, Minorque (Espagne) le 4 mars 1928. Militant anarchiste antifranquiste, ingénieur, éducateur puis maquettiste.

Suite à l’exil de ses parents, Octavio Alberola a vécu au Mexique de 1946 à 1962, puis en alternativement en Espagne et France depuis 1958. Son père José Alberola Navarro, militant anarcho-syndicaliste et maître d’école rationaliste inspiré par Francisco Ferrer, était né à Ontiñena, Aragon, en 1895. Il fut durant la Révolution espagnole en 1936 membre du Conseil de Défense d’Aragon en 1936 comme représentant de la CNT et de la FAI. Sa mère, Claire Suriñach Felisart, était née à Olot en Catalogne en 1898.
Il arriva au Mexique avec ses parents et sa sœur avec le 8 juillet 1939 sur le paquebot Ipanema. Suite à l’exil de ses parents, Octavio Alberola vécut au Mexique jusqu’en 1962
Très jeune, Octavio Alberola rencontra de nombreux militants anarchistes en Espagne qui eurent une influence sur son engagement militant ultérieur. Il fit des études universitaires puis exerça tout d’abord comme ingénieur au Mexique de 1952 à 1962, puis divers métiers manuels pendant la clandestinité en France de 1962 à 1968. Il fut aussi éducateur en Belgique (1968-1974) et enfin maquettiste de presse en France (1975-1996) au Quotidien du médecin où il était proche du syndicat des correcteurs.
Octvio Alberola fut d’abord militant des Jeunesses Libertaires (FIJL), de la CNT espagnole en exil et de la Fédération Anarchiste Mexicaine (1947-1962). Aux Jeunesses libertaires, il participa à la fondation de leur organe Alba Roja (Mexico) et activement à l’aide aux révolutionnaires cubains du Mouvement du 26 juillet. Après la réunification du mouvement libertaire espagnol, il représentait, à partir de 1961, la Fédération Ibérique des jeunesses Libertaires au sein de Defensa Interior (DI), l’organisme chargé de la lutte antifranquiste au sein du MLE, avec notamment Cipriano Mera Sanz et Juan García Oliver.
Après avoir participé en février 1948 à la fondation du journal Alba Roja, l’organe des Jeunesses Libertaires mexicaines, il fut arrêté avec trois autres jeunes libertaires par la police politique pendant le collage d’un manifeste des Jeunesse Libertaires mexicaines dans les rues de la capital du Mexique le mois de septembre de ce même année. Ils furent retenus au secret pendant un mois dans un bâtiment du ministère de l’Intérieur mexicain (la Secretaría de Gobernación).
En France, à partir de 1962, il fut militant clandestin de la FIJL et de la CNT (1962-1968). Dans cette période, il était coordinateur de DI et du Groupe Premier Mai dans la lutte antifranquiste. Représentant de la tendance activiste, il participa à plusieurs opérations antifranquistes et très vite s’affronta aux Comités confédéraux, leur reprochant leur immobilisme. En 1966, il était chargé de la coordination entre le Comité péninsulaire de la FIJL à l’extérieur. et le Grupo Primero de Mayo, auteur de nombreux attentats contre le régime franquiste. Arrêté le 9 février 1968 en Belgique, après une tentative de séquestration d’un ministre franquiste, il fut emprisonné cinq mois puis assigné à résidence. Son père José avait été, entre temps, assassiné le 1er mai 1967 à Mexico par des agents franquistes.
En 1971, il rentra clandestinement en France où il collabora au journal Frente Libertario. Lié aux Groupes d’Action Révolutionnaire Internationalistes (GARI), Octavio Alberola a été impliqué en mai 1974 dans l’affaire de l’enlèvement du banquier Adolfo Suarez. Arrêté à Avignon, il fut emprisonné près de neuf mois. Libéré, il resta assigné à résidence à Paris où il travailla comme maquettiste. Il suivit en parallèle des cours à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales où il obtint un diplôme de Cinéma et Histoire.
Avec Ariane Gransac, il créa en 1985 le Centre pour la Sauvegarde de la Mémoire (CESAME) des mouvements populaires de l’Amérique Latine et puis en 1988 il participa à la création du Réseau européen d’information et documentation sur l’Amérique Latine (REDIAL) à Paris.
Après la mort de Franco et après la nouvelle scission de la CNT, il collabora au secteur rénové puis à la CGT-E. En France, il participa aux activités de la Commission d’Organisation de Journées de Réflexion Antiautoritaire (COJRA). Au début des années 2000, il anima avec Antonio Martin Bellido le groupe d’appui à la révision du procès des militants libertaires Joaquin Delgado Martinez et Francisco Granado Gata garrotés le 13 août 1963. En 2010, il était membre du Groupe d’aide aux libertaires et syndicalistes indépendants à Cuba (GALSIC) fondé au début des années 1990.
Par ailleurs, Octavio Alberola contribua à divers colloques en France, en Italie et en Espagne sur l’anarchisme et la résistance anti-franquiste. Il devint commissaire d’expositions iconographiques pour la BDIC en 1989 sur La révolution française et l‘Amérique Latine et en 1992 sur Cinq siècles de lutte pour les Droits de l’Homme en Amérique Latine. Il créa avec Ariane Gransac et Nestor Vega l’émission Tribuna Latinoamericana sur Radio Libertaire qu’il a animée de 1989 à 2005.
En 2016, en plus de la parution, aux éditions ALBACHE, du livre Anarchistes contre Franco, il réédita le livre Action révolutionnaire Internationale 1961-1975, avec un annexe sur la Transition en Espagne. Il publia en 2016, aux éditions ACL, Le libre La révolution, entre hasard et nécessité. Il continue à participer à l’Université Populaire de Perpignan.

ŒUVRE : L’anarchisme espagnol, action révolutionnaire internationale (1961-1975), avec Ariane Gransac, Paris, Christian Bourgois, 1975. — « Abandonner ou réinventer l’utopie », in L’imaginaire subversif-Interrogations sur l’utopie, Ed Atelier de Création Libertaire, 1982 — « Le déclin idéologique et révolutionnaire de l’anarcho-syndicalisme espagnol » in Anarcho-syndicalisme et luttes ouvrières, Ed. Atelier de Création Libertaire, 1984. — « Espagne : le long cheminement de la « mémoire retrouvée » in Matériaux pour l’histoire de notre temps, BDIC, 2004. — « El DI y la resistencia libertaria contra el franquismo », in De l’anarchisme aux courants alternatifs (XIX-XXIe siècles), Publidix, Université de ParisX-Nanterre, 2006 — Miedo a la Memoria, avec Félix Villagrasa, Bracelona, Rosa del Viento, 2008. — Pensar la utopiá en la acción : Trazas de un anarquista heterodoxo (1950-2013), Laverne (España), 2013 — Penser l’utopie, Perpignan, 2013.

Nombreux articles dans la presse libertaire de langue espagnole.

SOURCES : témoignage personnel.}

Hugues Lenoir

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