RUIPEREZ SANCHEZ Lorenzo [Dictionnaire des anarchistes]

Par Claire Auzias, Rolf Dupuy

Né à Balsapintada (hameau de Fuente Alamo, Murcie) le 2 octobre 1901 (ou 3 mai 1904 ?), mort le 19 novembre 1980. Ouvrier métallurgiste ; ouvrier coloriste. Militant anarcho-syndicaliste espagnol à Villeurbanne (Rhône).

Fils d’ouvriers saisonniers, Lorenzo Ruipérez Sanchez avait commencé à travailler dès l’âge de 11 ans. Il émigra en France en 1917 où il rejoignit son père recruté l’année précédente pour aller travailler comme manœuvre aux usines métallurgiques Grammont à Pont-de-Chéruy (Isère). C’est dans cette usine, où travaillaient de nombreux Espagnols, qu’il entra pour la première fois en contact des compagnons libertaires. Il résida ensuite à Villeurbanne où en mai 1925 il s’intégra au noyau CNT et aux groupes anarchistes espagnols où il fut parrainé par Francisco Ascaso lors du passage de ce dernier à Lyon. Il y avait à cette époque six groupes anarchistes espagnols dans la région lyonnaise. Lorenzo Ruipérez fut également membre du groupe artistique Tierra y Libertad, formé en 1927, qui animait les sorties et les meetings des groupes espagnols.

Il travailla ensuite, à partir de 1928, à l’usine Fil-Dynamo dont il fut bientôt licencié à la suite de ses activités syndicales. Embauché comme ouvrier coloriste à l’usine Bertrand (textile et teinture), il y joua un rôle important lors de l’occupation de l’entreprise à l’été 1936.

Pendant la révolution et la guerre d’Espagne, il déploya une grande activité dans les Comités d’aide à la Révolution espagnole ainsi qu’à la colonie d’enfants CNT-UGT organisée au printemps 1937 au Château des Halles à Saint-Irénée, et dans laquelle furent accueillis et scolarisés une cinquantaine de gamins. Le 1er juillet, la Ligue des droits de l’Homme protesta contre son expulsion motivée par ses activités subversives (il était qualifié d’agitateur anarchiste). Le 9 juillet, le ministère de l’Intérieur exprima son refus de l’autoriser à résider en France, où il resta toutefois.

Sous l’Occupation, il fut arrêté par les Allemands le 2 décembre 1942 et interné au Vernet, puis envoyé à Bordeaux – sans doute dans le cadre du service du travail obligatoire – jusqu’en août 1944.

Á la Libération il retourna à Villeurbanne où il continua de militer à la CNT en exil. Lorenzo Ruipérez, qui était le père de trois enfants, vécut pendant trente ans en union libre avec sa compagne avant de l’épouser au début des années 1960. Au moment de son décès à Lyon le 19 novembre 1980, il était le secrétaire de la commission des relations du noyau Rhône-Alpes de la CNT de l’extérieur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154840, notice RUIPEREZ SANCHEZ Lorenzo [Dictionnaire des anarchistes] par Claire Auzias, Rolf Dupuy, version mise en ligne le 24 avril 2014, dernière modification le 11 novembre 2017.

Par Claire Auzias, Rolf Dupuy

SOURCES : M. Iñiguez, Enciclopedia …, op. cit. — Claire Auzias, Mémoires libertaires ..., op. cit. — Fonds Ligue des droits de l’Homme, BDIC. — Note d’Anne Steiner.

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