PÉACHE René [Pierre Hoarau, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Guillaume Davranche

Né vers 1891 ; paysan, puis plombier ; anarchiste et syndicaliste.

Mobilisé comme infirmier en 1914, Pierre Hoarau fut blessé au front en 1916. Soigné à Marseille, il fut réformé n°2. Il gagna alors Paris et devint plombier dans une usine d’armement.

Résidant au 73, boulevard de Ménilmontant, puis au 6, rue des Lyonnais, il commença à mener une intense activité anarchiste et pacifiste.

Le 11 septembre 1918, la 15e chambre correctionnelle le condamna à deux ans de prison et 200 francs d’amende pour une causerie antimilitariste qu’il avait fait aux Jeunesses syndicalistes de Paris 11e et 12e. Il était passé en procès avec Louis Raffin, dit Loréal*, qui récolta, lui, un an de prison et 100 francs d’amende. Ils avaient été défendus par Me Maurange, l’avocat du Comité de défense sociale (CDS). Hoarau fut détenu à Fresnes jusqu’en mai 1919.

En novembre 1919, sous le nom de Péache, il était secrétaire du groupe de Paris 17e-18e de la Jeunesse anarchiste, et correspondant des groupes de province.

Le 19 novembre 1919, il participa à une réunion du CDS pour organiser un meeting en faveur de l’amnistie des mutins de 1917 et de la Mer noire et des pacifistes en général. Le meeting se tint le 14 décembre 1919 à la Maison des fédérations, 33 rue de la Grange-aux-Belles, et Péache y prit la parole au nom des Jeunesses syndicalistes et des Jeunesses anarchistes.

Au printemps 1920 il fut une nouvelle fois arrêté et incarcéré quelque temps à la 12e division de la prison de la Santé (cellule 25). Il avait été dénoncé par un cambrioleur nommé Pierret, arrêté en flagrant délit dans une bijouterie. Selon Le Libertaire, il s’agissait d’une machination policière.

Le 7 juin 1920, la 11e chambre du Tribunal correctionnel le condamna, avec Loréal et Édouard Mouche*, à dix-huit mois de prison et à 1 500 euros d’amende pour un tract antimilitariste. En octobre, la peine fut confirmée en appel. Il fut interné à Clairvaux, au droit commun.

Il participa ensuite à la reconquête de la Fédération du Bâtiment par les révolutionnaires. Au congrès de Dijon, tenu du 16 au 21 mai 1921, ils obtinrent la majorité, et Hoarau fut élu comme suppléant à la commission exécutive.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154823, notice PÉACHE René [Pierre Hoarau, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 15 avril 2014, dernière modification le 5 mai 2014.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch PPo BA/882 — Le Matin du 22 août 1918 — Le Petit Parisien du 12 septembre 1918 — Le Libertaire du 1er juin 1919 — L’Humanité du 1er et du 8 juin 1920 — Boris Ratel, « L’anarcho-syndicalisme dans le bâtiment de 1919 à 1939 », mémoire de maîtrise en histoire, université Paris-I, 2000.

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