MARSELLA Marie-Louise [née MASSOUBRE, épouse PFISTER puis MARSELLA, dite Zizette] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Claire Auzias

Née le 29 juin 1908 à Villeurbanne (Rhône), morte fin mars 1988 ; employée de bureau ; militante anarchiste de la région lyonnaise.

Marie-Louise Massoubre était la sœur cadette du militant libertaire Paul Massoubre*. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’introduisit au début des années 1920 dans les milieux libertaires qu’elle fréquenta toute sa vie.

Dès l’âge de 12 ans, elle avait fréquenté le groupe d’enfants du Nid rouge, où elle chantait et jouait des représentations théâtrales au profit de grévistes, de la révolution russe ou de militants emprisonnés.

Elle participa aux réunions des Causeries populaires, à toutes les campagnes publiques menées par le mouvement libertaire (notamment pour Sacco et Vanzetti, pour la libération du bagne de Paul Louis Vial*, pour le droit d’asile), aux réunions et sorties à la campagne ainsi qu’à l’accueil de persécutés en tous genres : "Chez nous on a toujours eu plein de monde qui passait aussi bien même chez mes parents qu’après ; plus tard quand je me suis mariée, c’était toujours plein de copains qui passaient. Mon frère, il a nourri des paquets de gens sans travail".

En 1925 elle fut chargée du service de bibliothèque du groupe anarchiste lyonnais : « j’étais bibliothécaire, mais y avait tant de prêts, y avait jamais moyen de les faire rentrer, les livres. Après j’ai dit : je dois manquer d’autorité, j’avais abandonné ». Elle fut alors remplacée par le compagnon Valpin dit Pinus qui assuma cette tâche jusqu’en 1939.

Au début des années 1930, elle accompagna à Paris son compagnon Maurice Pfister" dit Fister lorsque ce dernier alla visiter Nestor Makhno* hospitalisé. Ils se marièrent à Villeurbanne le 3 novembre 1934.

Quelques années plus tard, elle se mit en ménage avec Antoine Marsella*, qu’elle épousa en mai 1943 et dont elle eut un fils, prénommé Michel* en hommage à Bakounine.

Pendant la guerre, Antoine Marsella qui avait refusé l’ordre de mobilisation fut obligé de se cacher à l’hôpital. Marie-Louise se démena pour aider de son mieux les compagnons, notamment les anarchistes et antifascistes italiens qu’elle fréquentait et soutenait depuis longtemps.

Depuis 1978 et jusqu’à sa mort, Marie-Louise Marsella fut membre active du collectif de la librairie anarchiste lyonnaise La Gryffe et, avec Sylvie Chamard, un pilier du Centre de documentation libertaire qui y est rattaché, et où elle allait travailler chaque semaine. Pour Daniel Colson, elle « était un peu notre soleil et notre mémoire ».

Marie-Louise Marseilla, dite Zizette, est décédée d’un cancer à l’hôpital de Villeurbanne fin mars 1988. Vingt compagnes et compagnons se relayèrent les derniers jours à son chevet pour la veiller. Elle fut le prototype même de ces compagnes de militants qui ont baigné toute leur vie dans l’anarchisme, avec enthousiasme et assentiment, menant des activités de "petite main" et parfois davantage, n’ayant pas laissé beaucoup de traces marquantes dans l’histoire officielle du mouvement, mais sans lesquelles le mouvement n’aurait pas existé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154811, notice MARSELLA Marie-Louise [née MASSOUBRE, épouse PFISTER puis MARSELLA, dite Zizette] [Dictionnaire des anarchistes] par Claire Auzias, version mise en ligne le 24 avril 2014, dernière modification le 21 mars 2015.

Par Claire Auzias

SOURCES : Claire Auzias, Mémoires libertaires... , op. cit.L’Internazionale, juin 1988. — IRL, été 1988. — notes de Daniel Colson et de Marianne Enckell. — Etat civil.