Né le 16 mars 1895 à Barbezieux (Charente), mort le 23 mai 1988 à Paris ; étudiant ; anarchiste puis socialiste.

Ernest Labrousse, fils d’un négociant en draps, grandit dans un milieu familial où on avait le goût du savoir, le désir de s’élever. Élève studieux du collège de Barbezieux, un grave accident l’immobilisa pendant des mois en 1909-1910, et il lut avec avidité. À l’occasion des élections législatives de 1910, il réunit autour de lui quelques camarades et fonda, le 7 avril 1910, un groupe de jeunesse socialiste autonome : le Club des jacobins, qu’il présida un numéro unique de L’Avenir, daté du 27 Prairial, An CXVII de la République française (15 juin 1910).
Après le Club des Jacobins de 1910, Ernest Labrousse devient en 1911 secrétaire du Groupe d’études sociales de Barbezieux, qui s’affilia à la Fédération révolutionnaire communiste (FRC). Aux anciens du Club des jacobins, adolescents venus de la petite bourgeoisie et de l’artisanat, s’ajoutèrent quelques salariés et un paysan.
La FRC des Charentes tint son premier congrès le 14 avril 1912 à Barbezieux et proposa que la FRC se rebaptise Fédération communiste anarchiste (FCA), ce qui fut accepté sur référendum et devint effectif le 6 juillet 1912. Lors du congrès de la FCA de l’Ouest tenu le 29 septembre 1912 à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure), Labrousse proposa que la FCA organise un congrès général de l’anarchisme hexagonal, afin de fonder une nouvelle organisation dont la structure copierait le « système d’organisation syndicaliste, c’est-à-dire fédéral et confédéral ». Les groupes locaux formeraient des fédérations régionales, et un bureau confédéral serait fixé à Paris. Une imprimerie confédérale serait mise sur pied et un congrès national organisé tous les deux ans.
À ce congrès, Paris, Ernest Labrousse passa le secrétariat de la FCA de l’Ouest à Louis Bourguet. Au début de 1913, Labrousse dirigeait à Paris l’École de propagande de la FCA mais, dès le mois de mars, pris par ses études, il renonça à assumer cette charge. Il fut encore désigné, le 12 avril 1913, à la commission chargée de préparer le congrès national qui siégea à Paris du 15 au 17 août, sans lui. Il s’était, entre-temps, retiré du mouvement.
Étudiant en histoire à la Sorbonne depuis la rentrée universitaire de 1912, Ernest Labrousse s’était en effet inscrit au groupe des Étudiants socialistes révolutionnaires, d’esprit majoritairement jaurésien, ce qui devait le conduire à adhérer au Parti socialiste.
Il s’éloigna dès lors définitivement de l’anarchisme. Pour une notice complète sur son itinéraire ultérieur, consulter le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13056, 17 mai 1913, F7/13057 et F7/13061 ― Arch. PPo. BA/1702, rapport du 13 avril 1913 ― Le Libertaire, 11 mai et 19 octobre 1912 ― Bulletin de la FRC de mai 1912 ― « Entretiens avec Ernest Labrousse » in Actes de la Recherche en sciences sociales n° 32-33, avril-juin 1980, pp. 111-125 ― Témoignage personnel de l’auteur de la notice biographique — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014.

Justinien Raymond, notice revue par Guillaume Davranche

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