Né le 20 novembre 1903 à Ivry-sur-Seine (Seine), mort le 5 juillet 1989 ; marié, licencié en droit et diplômé d’études supérieures de sciences économiques ; instituteur puis homme de radio ; membre du Parti communiste de 1926 à 1933 ; syndicaliste ; rédacteur de La Révolution prolétarienne.

Fils d’un ouvrier métallurgiste, Raymond Guilloré subit l’influence de son frère aîné, René, ouvrier tôlier-chaudronnier et militant anarcho-syndicaliste. Instituteur, il adhéra au Parti communiste à Vitry-sur-Seine. En janvier 1930, il devint permanent pour quelques mois. Dès octobre 1931, il reprit son métier d’instituteur qu’il exerça jusqu’à la retraite. En 1933, le Comité central du PC prononça l’exclusion de Guilloré pour solidarité avec sa femme, Charlotte Caspar, alors chef de laboratoire du dispensaire de Vitry-sur-Seine et exclue avant lui.
Un des principaux porte-parole de la fraction communiste de la Fédération unitaire de l’enseignement dans la Seine, Guilloré avait été élu le 8 novembre 1928 secrétaire à la propagande et avait fondé le groupe des Jeunes de l’enseignement laïc dont il assurait le secrétariat. Le syndicat lui avait confié la gérance de l’Émancipé, organe corporatif. En 1933, il rejoignit la majorité fédérale qu’il avait combattue pendant plusieurs années. Après l’unité syndicale de 1936, il fut un des porte-paroles de la tendance École Émancipée dans les congrès du SNI. Guilloré participa avec Eugène Galopin et Michel Collinet, en janvier 1937, à la création du Cercle syndicaliste Lutte de classes (voir Nicolas Lazarévitch) dont il fut un des principaux animateurs. Il participa à la grève nationale du 30 novembre 1938.
En 1942, l’administration le somma de préciser ses activités politiques passées et son état d’esprit actuel. Guilloré répondit de façon à éviter la révocation. Cette lettre publiée par ses adversaires communistes à la Libération provoqua l’affaire Guilloré. La sous-section du SNI du XXe arr. vota le 21 janvier 1946 une motion qui " déplorait, avec Guilloré d’ailleurs, le fait en lui-même, mais lavait le camarade Guilloré de tout soupçon concernant une prétendue soumission au gouvernement Pétain " et elle le confirmait dans ses fonctions de secrétaire. La commission des conflits du conseil syndical de la Seine adopta une position proche (Bulletin des Amis de l’École Émancipée, 5 juin 1946).
Il rejoignit, sous l’influence de Pierre Monatte* et de Louis Mercier*, le groupe de la Révolution prolétarienne et collabora à la revue du même nom. Il y tenait la chronique de l’Union des syndicalistes, dont il était le secrétaire. Il travaillait alors à la RTF (puis ORTF). Il collabora au bulletin de la Commission internationale de liaison ouvrière (CILO, 1958-1965), surtout lorsque Louis Mercier passa plusieurs années en Amérique latine. En 1964, il devint président de la coopérative " Les Éditions syndicalistes " créée pour l’acquisition des nouveaux locaux communs à la RP, à l’UdS et à CILO, 21 rue Jean-Robert à Paris (18e). Malgré de sérieux conflits avec Robert Louzon, il prit en 1970 la direction de la RP. Il habitait alors alternativement Paris et Saint-Paul-en-Forêt (Var) tout en assurant mensuellement, avec Charbit, la " cuisine " de la Révolution prolétarienne. Le 31 décembre 1981, il mit fin de lui-même à ces fonctions.
Marié avec Charlotte Caspar, l’ancienne épouse de Voujovitch, Serbe, militant de l’Internationale communiste disparu en URSS après les purges de 1934-1935, Raymond Guilloré éleva leur fils, Michel Auclair (1922-1988), qui devint un acteur de renom.

ŒUVRE : Les trois phases de la révolution socialiste, Paris, Les Éditions syndicalistes, 1972.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13119, F7/13749. — Arch. PPo. 304, avril 1930. — Arch. Dép. Vaucluse, 3 M 283, 285. — Les Semailles, novembre-décembre 1928. — L’Humanité, 18 juin 1928. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — L’École libératrice, 28 août 1937. — La Vérité, 1er septembre 1933. — La Lutte ouvrière, 21 mai, 23 décembre 1937 et 13 janvier 1939. — Le Réveil syndicaliste, 1937-1939. — P. Broué et N. Dorey, " Critiques de gauche et opposition au Front populaire (1936-1938) ", Le Mouvement social , janvier-mars 1966. — Les Révoltes logiques, n° 5, printemps-été 1977. — Note de l’intéressé. — Le Monde, 25 avril 1989 — Correspondance, Archives Louis Mercier (CIRA Lausanne).

Jean Maitron, Claude Pennetier, notice complétée par Marianne Enckell

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