GOURDIN Georges, Louis, Désiré, Joffret [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron révisé par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy

Né le 11 avril 1915 à Livry-Gargan (Seine-et-Oise), mort en déportation le 23 janvier 1945 à Ellrich (Thuringe, Allemagne) ; dessinateur industriel ; militant de l’UA et de la CGT.

Dessinateur industriel aux établissements Signaux & Freins Westinghouse de Sevran (93), Georges Gourdin fut, entre 1936 et 1939, un animateur des Jeunesses de l’Union anarchiste.

Membre du Cercle syndicaliste Lutte de classes, il appartenait à la Fédération des techniciens de la CGT. En 1938-1939, il se chargea, avec Marcel Guennec et Ringeas, de l’animation du " Libertaire syndicaliste", la page syndicale du Libertaire qui servait à coordonner l’action ouvrière des militantes et des militants de l’UA. Il fut également, en mars 1938, l’administrateur de L’Exploité, éphémère organe des groupes d’usine de l’UA (voir Roger Coudry). Georges Gourdin était alors domicilié rue Joseph-Moïse à Livry-Gargan.

En mars 1937, il organisa à Noisy-le-Sec, au titre du Comité Espagne libre, une projection de films de la CNT, La Tragédie espagnole et Les Aiglons de la FAI, en présence d’Emilienne Durruti. Il était, à la même époque, secrétaire du groupe de Montfermeil de l’UA.

En novembre 1939, Georges Gourdin contribua au bulletin Notre syndicalisme, qui exprimait un point de vue syndicaliste révolutionnaire (voir Marcel Guennec).
Sous l’Occupation, Georges Gourdin participa au réseau anarchiste de la région parisienne (voir Henri Bouyé). Il fut alors un « artisan tenace de la fusion des deux tendances UA et FAF en une seule organisation » (Le Libertaire, septembre 1945).

Le 15 janvier 1944, le groupe Bouyé s’entendit sur un projet de Charte qui devait servir de base à l’unification des anciennes FAF et UA et à la refondation du mouvement libertaire à la Libération. Ce projet de charte servit de base de discussion au « pré-congrès » d’Agen, les 29 et 30 octobre 1944.

Parallèlement au groupe Bouyé, Georges Gourdin participa aux activités de la CGT clandestine visant à noyauter les Chantiers de jeunesse de Vichy. Il intégra également le réseau Libération Nord, où il fut chargé de la confection des faux papiers et de l’armement en région parisienne. Pendant toute cette période, il aida de nombreux camarades à échapper aux recherches des polices allemande et française.

Georges Gourdin, arrêté en mai 1944, fut détenu à la prison de Fresnes jusqu’en août 1944 puis déporté. Henri Bouyé en gardait le souvenir d’un militant « jeune et dynamique, particulièrement fraternel, plein de gentillesse et de courage… Nous étions encore ensemble la veille au soir de son arrestation. Il a été atrocement torturé par la Gestapo, mais n’a pas parlé. » (cf. lettre d’H. Bouyé).
Georges Gourdin mourut le 23 janvier 1945 au camp d’Ellrich, dans le Land de Thuringe.

Son père, Désiré Gourdin (né en 1884 à Avesnes), dessinateur de profession, avait été candidat communiste dissident aux élections de 1936. En 1939 il habitait rue Joseph-Moïse à Livry-Gargan et était inscrit au carnet B comme anarchiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154785, notice GOURDIN Georges, Louis, Désiré, Joffret [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron révisé par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy, version mise en ligne le 29 avril 2014, dernière modification le 12 janvier 2019.

Par Jean Maitron révisé par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy

SOURCES : État civil de Livry-Gargan — Arch. Dép. de Seine-et-Oise, 4 M 30 et 31— Arch. PPo BA 2160 — Témoignage de son fils (novembre 2009) — Le Libertaire, septembre 1945 et 25 mars 1946 — L’Insurgé, n°1, octobre 1945 — Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, op. cit.— Bulletin du CIRA, Marseille, n°23/25, 1985 « Témoignages…. » (lettre de Henri Bouyé, 17 janvier 1985) — Pierre Gastineau, Double mètre : vie et mort d’un syndicaliste libre, 2005.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément