CALAZEL Ferdinand [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né à Redessan (Gard), le 25 septembre 1865 ; serrurier mécanicien, marchand ambulant.

Camelot "vendant de la poudre à bronzer les plâtres" Ferdinand Calazel avait été signalé lors de son passage à Reims en octobre 1892.Il était accompagné d’Alice Marcelin (née à Angoulême) et le couple, venant de Chaumont, était parti sans payer "laissant une caisse contenant du linge, des ustensiles, des journaux, brochures et placards anarchistes" (cf. AD Marne, rapport du 15 décembre 1893).

Le 5 juillet 1894, Ferdinand Calazel fut arrêté à Montluçon (Allier) pour avoir fait dans plusieurs cabarets, l’éloge de Casério, ce qui lui valut une condamnation, sans doute par défaut, à 6 mois de prison car en août de la même année, à la suite d’une commission rogatoire du juge de Montluçon, pour association de malfaiteurs, une perquisition était effectuée à Reims et une valise abandonnée par Calazel était saisie. Elle contenait une volumineuse correspondance, ainsi qu’une liste d’anarchistes de plusieurs départements.

Demeurant à Marseille (8 cours de Belsunce) Ferdinand Calazel était en 1897 membre du groupe La Jeunesse Internationale qui publiait la troisième série du journal L’Agitateur (Marseille, 2 numéros du 2 & 18 février 1897) dont le gérant était Edouard Roch ; ce groupe était notamment composé de Jules Cheylan, Maurice Chaumel*, Frédéric Gros, Marius Escartefigue* Jouvarin (futur maire de Toulon) Victor Rapallo*, Emile Rampal* et du tout jeune Alexandre Jacob*.

Calazel déployait une grande activité, convoquant des réunions, participant à de nombreuses conférences publiques où il prenait la parole – en particulier le 10 janvier 1897, à propos des martyres espagnols, et le 1er mai à la Bourse du travail. Il avait été l’organisateur des conférences de Sébastien Faure* et de Louise Michel* à Marseille les 19 et 20 mai 1897.

Abonné au Libertaire auquel il collaborait et qu’il diffusait à Marseille, il prit part le 26 juin 1902 au meeting de protestation contre l’interdiction faite aux soldats de pénétrer dans les bourses du travail. Il parcourut ensuite les départements du sud de la France avec sa compagne Aline Marcellin, marchande foraine.

Anarchiste coopérateur, il forma le projet d’une « entente économique », et, en mai 1903, tenta de réaliser, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), un essai d’affranchissement par le commerce plus qu’un projet de coopération de consommation proprement dite, une part des bénéfices étant réservée à la propagande. L’essai ne réussit pas.

Calazel, installé à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure), reprit l’affaire en décembre avec des envois d’huîtres. En avril 1904, il se proposa de continuer par des envois de primeurs et de beurre. En 1905, il était à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) et il persistait dans ses projets, mais sans doute échoua-t-il car, après cette date, il n’en fut plus question.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154745, notice CALAZEL Ferdinand [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 22 avril 2014, dernière modification le 5 juillet 2014.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. Nat. F7 12506. — Arch. Dép. Cher, 25 M 139. État vert n° 1 des anarchistes. — J. Maitron, Histoire du mouvement anarchiste..., op. cit. – R. Bianco, Le mouvement anarchiste à Marseille. – Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/3347 A, 3347B, 3353, 3851, 6346. – Arch. Dép. Aix 14 U 95 quinto. – Arch. Nat. F 7/12506 — Le Figaro, 6 juillet 1894, — Journal des débats, 26 juillet 1894. — Les Temps Nouveaux, année 1903. — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste, , op. cit. — CAC Fontainebleau 19940500 art 58, circulaire du 19 janvier 1897.

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