BAICRY Achille, Joseph [Dictionnaire des anarchistes]

Par Henri Manceau, notice révisée par Rolf Dupuy

Né le 1er mars 1832 à Paris (VIIIe arr.), mort à Sedan (Ardennes) en 1894 ; mécanicien puis épicier ; anarchiste.

A la fin des années 1880, Achille Baicry, résidant à Sedan (Ardennes), était le principal rédacteur de La Révolution démocratique et sociale, sous-titré « organe des revendications ouvrières et socialistes des Ardennes » et lancé en juillet 1888 pour soutenir la candidature de Jean-Baptiste Clément.

Baicry lui-même venait d’être rayé des listes électorales (après avoir voté pendant 35 ans) pour « une condamnation purement militaire » (ancienne peut être) : voies de fait envers un supérieur. Dans ses articles, il se montrait partisan de la laïcité, croyait possible la révolution socialiste par le bulletin de vote, se méfiait des ouvriers étrangers et des grèves, et appelait une réforme de la Constitution. A la veille des élections, le cercle social L’Étincelle, à Charleville, demanda la gérance du journal.

Devenu anarchiste, Achille Baicry publia à Sedan, de mai 1890 à avril 1892, Le Révolté sedanais, dont 51 numéros parurent. Dans Les Temps nouveaux du 28 mars 1891, Jean Grave signala cette feuille, commentant : « Le camarade Baicry [...] distribue chaque semaine [...] une feuille imprimée d’un côté à l’autocopiste noir, Le Révolté sedanais.  » Le journal, publié sans déclaration préalable, lui valut plusieurs condamnations : le 6 juin 1890 à 6 francs d’amende pour « contravention à l’affichage » ; le 15 mai 1891 à 15 francs d’amende pour « affichage sur papier blanc » ; le 27 mai 1891 à dix jours de prison pour « outrages à brigadier de police » ; le 15 juin 1892 à 50 francs d’amende pour avoir publié son journal sans déclaration.

Selon une liste d’anarchistes établie en 1894, Baicry aurait alors tenu une épicerie à Givonne, près de Sedan.

En août 1892, il lança un nouveau journal Le Pilori sedanais qui compta au moins trois séries (le n°1 de la 3e série est daté du 27 avril 1893). Ce titre, comme le précédent, était autographié et souvent diffusé par voie d’affichage. Cela lui valut d’être condamné le 20 juillet 1892 à deux mois de prison pour « outrage à agent et absence de dépôt légal ». Puis, le 3 mai 1893, il écopa de six mois de prison pour « outrage au procureur de la République ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154723, notice BAICRY Achille, Joseph [Dictionnaire des anarchistes] par Henri Manceau, notice révisée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 16 mars 2014, dernière modification le 5 juin 2014.

Par Henri Manceau, notice révisée par Rolf Dupuy

SOURCES : Arch PPo BA/79, pièce 316. — Terre Ardennaise n° 11, juin 1985 (article de Dominique Petit). — René Bianco, Un siècle de presse, op. cit. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément