Né le 11 mai 1880 à Montluçon (Allier) ; charpentier en fer ; syndicaliste révolutionnaire puis anarchiste.

Fils d’un sabotier, Jean-Baptiste Vallet fut, en juin 1912, membre du comité de parrainage de la caisse L’Entraide, impulsée par la Fédération révolutionnaire communiste (voir Édouard Lacourte). Il était alors secrétaire du syndicat des charpentiers en fer de la Seine.
C’est à ce titre que, le 26 novembre 1912, il fut condamné à trois mois de prison dans la 2e affaire du « Sou du soldat » (voir Jean-Louis Thuillier).
Au sein de la Fédération du Bâtiment, Vallet s’affirma comme l’un des principaux partisans de la non-rééligibilité des fonctionnaires. C’est ainsi qu’au congrès fédéral du Bâtiment de Paris, en avril 1914, il déposa une motion demandant que « le Ve congrès du Bâtiment, soucieux de maintenir tout l’esprit révolutionnaire du syndicalisme français, émet le vœu que le principe de non-rééligibilité des fonctionnaires syndicaux soit approuvé ». Sa motion recueillit 39 voix contre 172 à celle de Joseph Mourgues, favorable à la rééligibilité.
En 1914, Jean-Baptiste Vallet fut un opposant à la guerre de la première heure. Lors de l’assemblée de crise de l’union des syndicats de la Seine, salle de l’Égalitaire, il fut le seul, avec Émile Hubert, à plaider pour que la CGT soit fidèle à ses engagements en faveur de la grève générale (rapport de police du 31 octobre 1914, Arch. Nat. F7/13348).
Mobilisé, il fut envoyé au front mais, après une blessure à une jambe qui le laissa infirme, il fut réformé n° 2 en décembre 1914. Revenu à l’arrière, il fit partie de la minorité résistante à la guerre et milita au sein du Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) puis du Comité de défense syndicaliste (CDS, voir Paul Véber). En mars 1918, Vallet était secrétaire de la 18e région de la fédération du Bâtiment (Seine), au nom de laquelle il protesta, en juin, contre l’inculpation de Raymond Péricat pour « complicité d’intelligence avec l’ennemi et provocation de militaires à la désobéissance et à la désertion ». Après l’arrestation de ce dernier, le 26 mai 1918, Vallet le remplaça au poste de secrétaire du CDS.
Lors du VIe congrès national du Bâtiment à Versailles, les 10-13 juillet 1918, Vallet fut, avec Jean-Louis Thuillier, un des principaux porte-parole de la minorité. Il critiqua l’entrée des majoritaires dans les commissions mixtes et leur reprocha de « n’avoir rien fait pour empêcher la continuation de la guerre ». Il s’opposa une nouvelle fois à Mourgues à propos de la réception par la CGT d’Alexandre Kerensky, qu’il qualifia de « calomniateur des révolutions russes ».
Délégué au congrès confédéral, tenu à Paris les 15-18 juillet 1918, il défendit, seul, l’action du CDS, alors que la plupart des militants l’abandonnaient.
Bien qu’hostile à Clemenceau, il condamna en août 1918, au nom du CDS, le soutien apporté par les majoritaires de la CGT à Louis Malvy, car « plus que dans la personnalité d’un ancien ministre, la classe ouvrière est atteinte dans ses militants et nombre de pacifistes ont été frappés par Malvy lui-même, comme il s’en est glorifié pour sa défense. Sa politique de soi-disant confiance à la classe ouvrière, basée sur l’union sacrée, a empêché toute action énergique contre le gouvernement et contre la guerre [...]. La CGT oublie [...] que la mission du syndicalisme est de rester sur le terrain de la lutte des classes et qu’elle n’a pas à s’immiscer dans des conflits entre gouvernants » (extraits des procès-verbaux des réunions du CDS des 12 et 19 août 1918, signés J.-B. Vallet).
En septembre 1918, Vallet présenta sa démission du secrétariat de la 18e région du bâtiment, refusant d’endosser la responsabilité de l’échec du mouvement de grève du bâtiment parisien de mai 1918. Il resta néanmoins secrétaire du syndicat des charpentiers en fer de la Seine.
En juin 1919, Jean-Baptiste Vallet et le Syndicat des charpentiers en fer participèrent aux grèves de la métallurgie de la Région parisienne.
Au VIIe congrès national du Bâtiment, à Tours, du 19 au 24 novembre 1919, Vallet vota contre le rapport du comité national et, lors du congrès extraordinaire de l’union des syndicats de la Seine à Paris, les 14 et 28 novembre 1920, il se prononça pour une nette séparation des fonctions syndicales et politiques, s’opposant ainsi à Joseph Tommasi. Il fut élu à la commission exécutive de l’union, fonction dans laquelle il devait être reconduit en novembre 1921.
En février 1921, Jean-Baptiste Vallet fut un des signataires du Pacte des syndicalistes « purs » (voir Pierre Besnard). Cette même année, il siégea au comité central des Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR).
Du 16 au 21 mai 1921, il participa, à Dijon, au VIIIe congrès fédéral du bâtiment, au cours duquel la minorité révolutionnaire s’empara de la direction de la fédération. Peu après, le 19 juin, il présida, à Douai, le congrès de la 1re région du bâtiment (Nord, Somme et Pas-de-Calais). Malgré sa présence, la 1re région resta à la majorité confédérale. Le 22 juillet 1921, lors du comité national de la Fédération du bâtiment, Vallet fut élu comme suppléant à la commission exécutive.
En décembre 1921, Vallet cofonda et fut le gérant du Syndicaliste révolutionnaire, édité parle comité central des CSR. Il en resta gérant quand le journal changea de titre et devint, du 1er mai au 29 juin 1922, La Bataille syndicaliste, organe de la tendance Besnard de la CGTU.
En février 1922, Jean-Baptiste Vallet fut élu à la commission exécutive de l’UD unitaire (UDU) de la Seine, et y fut reconduit en avril 1922.
En juillet 1922, peu après que le congrès CGTU de Saint-Étienne qui avait vu la victoire des pro-Moscou, Vallet rejoignit le Comité de défense syndicaliste (CDS) formé par Pierre Besnard pour rassembler la minorité dite « anarcho-syndicaliste ». Dans le même temps, il démissionna de la commission exécutive de l’UDU de la Seine, en compagnie de Chaverot et Fargue, pour protester contre « la fraction politique qui attente à la liberté du syndicalisme » (L’Humanité du 9 juillet 1922).
En décembre 1922, il fut délégué au congrès de l’UDU de la Seine par le Syndicat unique du bâtiment (SUB). Dans le débat sur le rapport moral, il définit ainsi son programme : « Action syndicaliste tout court. »
Lors du congrès de juin 1923 de l’UDU de la Seine, il déclara : « Je suis contre Moscou et inlassablement je mènerai le combat contre tous ceux qui tenteraient de placer le syndicalisme à la remorque des partis politiques. » Il posa, sans succès, sa candidature au secrétariat.
En juillet 1923, lors du congrès de la Fédération unitaire du bâtiment, il fut élu membre de la commission de contrôle fédérale ; il y précisa ses conceptions : « Le syndicalisme aujourd’hui groupement de résistance, sera, demain, le groupement de production et de répartition, base de la réorganisation sociale. » Il défendit également l’action du CDS et attaqua la « cuisine communiste... assaisonnée à la sauce moscoutaire ou tartare ». 
En décembre 1923, Vallet fut de nouveau délégué du SUB au congrès de l’UDU de la Seine, et critiqua le rapport moral et la liaison entre l’Internationale syndicale rouge et l’Internationale communiste. Il se prononça également contre l’amélioration éventuelle du projet d’assurances sociales, auquel il était totalement opposé.
Début 1924, Vallet était concierge du local de l’UDU de la Seine (8, avenue Mathurin-Moreau à Paris 19e). Il menaça de se mettre en grève si l’union refusait d’augmenter son salaire alors que celui des permanents de l’UDU l’avait été.
Collaborateur au Libertaire quotidien, Jean-Baptiste fut un des très rares anarchistes à ne pas quitter la CGTU en 1924-1925, son syndicat des charpentiers en fer ayant décidé de s’y maintenir dans l’opposition, malgré la domination hégémonique des communistes.
Le 29 janvier 1928, lors du congrès de l’union régionale parisienne de la CGTU, Vallet fut élu membre de la commission exécutive, tout en désapprouvant le refus de deux minoritaires élus d’y siéger car, selon lui : « Ce n’est pas faire œuvre de militants que de fuir la bataille » (L’Humanité, 30 janvier 1928).
Au Ve congrès de la CGTU à Paris, du 15 au 21 septembre 1929, Vallet, délégué des charpentiers en fer de la Seine, se prononça contre le rapport moral, expliquant que « malgré les déclarations de certains dirigeants de la CGTU, affirmant que le syndicalisme ne se suffit pas à lui-même, nous restons partisans convaincus qu’il a une philosophie autrement intéressante et susceptible d’aboutir à des résultats meilleurs que les directives données par un parti, quel qu’il soit, qu’il s’appelle communiste, socialiste ou j’m’en foutiste. »

SOURCES : Arch. Nat. F7/13015, 13053, 13348, 13618, 13647, 13649, 13651 — L’Humanité, 18 avril 1914, 9 juillet 1922, 30 janvier 1928 — Le Peuple, 23 juin et 24 juillet 1921 — La Bataille syndicaliste, 18 avril 1914 — Robert Brécy, Le Mouvement syndical en France, 1871-1921, Mouton & co, 1963 — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français 1914-1920, Mouton & co, 1964 — Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, Gallimard, 1975 — Jean-Louis Robert, Les Ouvriers, la patrie et la révolution, Paris 1914-1919, université de Besançon, 1995 — Agnès Roussel, Les Forces syndicales françaises à la veille de la Première Guerre mondiale, DES, université Paris-I, s.d — Notes de J. Charles.

Stéphane Sirot, notice revue par Guillaume Davranche

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