ROSE François, Carloman [Dictionnaire des anarchistes]

Par Yves Le Maner, révisé par Guillaume Davranche

Né le 9 mars 1879 à Armentières (Nord), mort le 3 janvier 1961 à Paris Xe arr. ; peintre en bâtiment ; anarchiste et syndicaliste.

En 1910, François Rose était secrétaire du groupe anarchiste d’Amiens, et, le 26 juin 1910, fut assesseur au congrès fondateur de la Fédération révolutionnaire de la Somme (voir Théodore Graux).

Le 15 septembre 1911, il dirigea à Amiens une manifestation contra la vie chère et chanta le couplet antimilitariste de L’Internationale face aux soldats envoyés pour maintenir l’ordre.

En 1913, membre du comité de rédaction de l’hebdomadaire Germinal, il diffusait également Le Libertaire.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, François Rose était secrétaire du syndicat du Bâtiment et secrétaire adjoint de la bourse du travail d’Amiens. Il était également délégué régional de la Fédération du Bâtiment pour les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, fonction particulièrement importante à cause des problèmes de reconstruction.
Rose était alors un des principaux animateurs de la minorité révolutionnaire de la CGT dans la Somme, et un ardent partisan de la Révolution russe. Dans Germinal du 20 septembre 1919, il écrivit que la IIIe Internationale était « la grande Internationale que nous avons si souvent appelé de nos vœux » et qu’elle était « le seul espoir ». Le mois suivant, il présida à Amiens un meeting de soutien à la Révolution russe avec Pierre Monatte*. Il fut également un des organisateurs de la campagne de soutien en faveur des mutins de la mer Noire.
Dans le courant de l’année 1920, tout en restant un défenseur de la Révolution russe, François Rose devint un contempteur de la dictature bolchevique. Le 19 septembre 1920 il participa donc au congrès constitutif de la Fédération communiste libertaire du Nord, qui s’affilia deux mois plus tard à l’Union anarchiste.

Du 27 septembre au 2 octobre 1920, il fut délégué au congrès confédéral d’Orléans par le syndicat du bâtiment d’Amiens, qui ne s’affirma pas clairement minoritaire.

Au congrès de l’union départementale de la Somme tenu le 10 avril 1921, les révolutionnaires eurent la majorité, et François Rose succéda à Buignet comme secrétaire de l’UD.

Après la scission confédérale, en 1922, il fut un des hommes-clefs de la scission confédérale dans la Somme.

Il répondit à l’enquête sur le « fonctionnarisme syndical » lancée par Sébastien Faure* dans La Revue anarchiste. Dans sa réponse, publiée dans le numéro de mars 1922, il affirmait qu’il fallait n’autoriser que des permanents techniques, et que les responsabilités syndicales devaient être confiées à des militants bénévoles.

Dans les années 1930, François Rose collaborait toujours à Germinal et au Libertaire. En mars 1939, il appartenait au groupe de Stains de l’Union anarchiste.

En novembre 1939, François Rose fit paraître, avec Tidone, Galli, Guérin, Gilbert Rollet*, Georges Gourdin* et Marcel Guennec*, un bulletin imprimé intitulé Notre syndicalisme, domicilié dans les locaux à présent désertés de l’UA, au 9, rue de Bondy. Le bulletin, dont Rollet était le gérant, fut censuré en plusieurs endroits. Portant en manchette « Ce n’est pas parce que L’Humanité a eu tort que Syndicats a raison », il exprimait un point de vue syndicaliste révolutionnaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154683, notice ROSE François, Carloman [Dictionnaire des anarchistes] par Yves Le Maner, révisé par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 25 janvier 2019.

Par Yves Le Maner, révisé par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053, 13621 et 13020. — Arch. Dép. Nord M 595/38b. — Arch. Dép. Somme Z 317. — Arch. PPo BA/301. — L’Action syndicale de juillet à août 1910. — Germinal du 21 mars 1920. — Le Libertaire du 23 mars 1939. — René Bianco, Cent ans de presse, op. cit.

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