Né le 8 août 1884 à Paris (VIIIe arr.), mort le 3 mars 1970 à Paris (XXe arr.) ; technicien en hydraulique et chauffage, puis correcteur typographe ; anarchiste individualiste, puis proudhonien.

En 1909, Rhillon écrivait dans Le Révolté, organe des individualistes anti-organisationnels belges, où il côtoyait Victor Kibaltchiche (Victor Serge*) et Jean de Boë*. À l’occasion de l’exécution de Francisco Ferrer*, il signa un article, « Les leçons d’un assassinat », qui affirmait sa « confiance absolue en ce recours à la tactique terroriste adaptée aux circonstances et aux événements ». Il y estimait que « l’ère de l’action violente violemment offensive, l’ère des représailles susceptibles de donner à la guerre sociale son caractère d’implacabilité révolutionnaire pourrait bien commencer. »
Pendant la Première Guerre mondiale, Rhillon se lia au mouvement pacifiste, et écrivit dans le journal pacifiste La Plèbe de Fernand Desprès*. Il écrivit également dans Le Libertaire dès sa reparution en janvier 1919, puis notamment en 1929 et en 1937-1938.
Le 11 mai 1918, il avait épousé Augustine Bonnart à Paris 12e.
En avril-mai 1919, il attaqua dans plusieurs articles le secrétaire de la fédération des Métaux, Alphonse Merrheim, l’accusant dans un premier temps d’être un agent du Comité des forges, puis reconnaissant que s’il y avait similitude entre les thèmes défendus par Merrheim et les intérêts du Comité, ce n’étaient pas des mobiles financiers qui faisaient agir le militant des Métaux.
En 1921, il habitait 3, boulevard Soult, à Paris 12e.
Il évolua ensuite vers le proudhonisme et, en 1923-1924, écrivit une suite de brochures de commentaire de Qu’est-ce que la propriété ?
Rhillon collabora à Terre libre, organe de la fédération du Sud de l’Union anarchiste qui parut de juin 1922 à novembre 1923, au Semeur d’Alphonse Barbé*, à Ce qu’il faut dire, journal de Louis Louvet*. Avec Nadaud*, il aida Fernand Planche* à fonder La Conquête du pain, journal-revue ouvert à toutes les tendances de l’anarchisme dont 45 numéros parurent en 1934 et 1935.
C’était « un tempérament assez difficile à vivre, comme souvent les libertaires, par excès de tempérament [...] ; à 85 ans, il est resté assez sectaire dans ses idées [...] un des rares militants qui n’a jamais dévié de la route anarchiste », avait dit de lui Alphonse Barbé, qui fut son ami.

ŒUVRE : Les Capitalismes en guerre, 1903-1923. De Briey à la Ruhr, les causes profondes, les résultats, Gr. de propagande par la brochure, La Brochure mensuelle, 1923 — Qu’est-ce que la propriété, selon P.-J. Proudhon (3 tomes) Gr. de propagande par la brochure, La Brochure mensuelle, 1923-1924 — Le Travail-Argent. La mécanique du progrès et l’émancipation ouvrière, Gr. de propagande par la brochure, La Brochure mensuelle, 1928 — La Ligne du progrès et l’interprétation marxiste, éd. Pensée et Action, 1945 (ca.).

SOURCES : Le Révolté, 15 octobre 1909 — Le Libertaire, 28 octobre 1921 et 25 mai 1929 — Arch. Nat. F7/13972-13973. État des anarchistes, antimilitaristes et communistes, 27 mai 1921. — Témoignage de A. Barbé. — Notes de Thierry Bertrand. — Voir aussi René Bianco, Cent ans de presse anarchiste, bianco.ficedl.info

Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche

Version imprimable de cet article Version imprimable