Né à Paris le 14 juillet 1864, mort à Neuilly le 4 février 1912 ; poète, publiciste, proche des anarchistes.

Pierre Quillard fut secrétaire de la Ligue des Droits de l’Homme et sympathisa avec les idées anarchistes. Il collabora aux Entretiens politiques et littéraires, anarchistes en 1892 et à l’En-Dehors (1891-1893) de Zo d’Axa*.
De 1893 à 1896, il vécut à Constantinople où il enseignait au lycée arménien, puis il suivit la guerre gréco-turque comme correspondant de L’Illustration. De retour à Paris, il plaida la cause du peuple arménien persécuté dans de nombreux meetings et fonda la revue Pro Armenia dont le siège était, 17, rue Cujas.
Ami de Bernard Lazare*, il prit fait et cause pour Dreyfus et collabora au Journal du Peuple de Sébastien Faure* (1899) puis aux Temps nouveaux de Jean Grave*, fondés en 1895 ; il traduisit des textes du grec pour la revue et écrivit notamment dans le numéro spécial du 8 juillet 1910, intitulé Meure Biribi. En 1899, il avait inauguré avec Jean Grave une école libertaire pour adultes, salle des Sociétés savantes puis rue Titon, dont la première séance eut lieu le 12 septembre. Il collabora aussi à la revue du même nom.
Dans l’Almanach de la Révolution pour 1905, de Paul Delesalle*, il publia un texte sur l’Arménie. Il s’éleva dans La Bataille syndicaliste (n° 1, 27 avril 1911) contre les lois scélérates votées au temps des attentats anarchistes (1893-1894). Dans L’Anarchie par la littérature (1902), il avait déjà écrit : « Il faut avouer que l’explosion de quelques bombes de dynamite frappe de terreur les esprits vulgaires. Mais cet affolement de surprise dure peu […]. Au contraire la puissance destructrice d’un poème ne se disperse pas d’un seul coup : elle est permanente et sa déflagration certaine et continue ; et Shakespeare ou Eschyle préparent aussi infailliblement que les plus hardis compagnons anarchistes l’écroulement du vieux monde. »
Lorsqu’il mourut, P. Monatte écrivit dans La Vie ouvrière : " La classe ouvrière perd en lui l’un des rares intellectuels qui, sans rien lui demander non plus qu’aux pouvoirs, font ce qu’ils peuvent et restent droits. "

SOURCES : Larousse du XXe siècle. — Les Temps Nouveaux, 8-14 décembre 1900. — La Vie ouvrière, 20 février 1912. — Les Hommes du Jour, n° 212, 10 février 1912. — Quelques lettres déposées à l’IFHS (fonds Jean Grave). — René Bianco, "Un siècle de presse…", op. cit. — Bollettino Archivio G. Pinelli 15, Milan, 2000.

Jean Maitron. Notice complétée par Marianne Enckell

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