Né le 24 janvier 1841 à Saint-Didier-sur-Beaujeau (Rhône), mort le 5 mars 1912 à Nice (Alpes-Maritimes) ; mécanicien ; communard puis anarchiste.

Réputé bon ouvrier, Antoine Perrare demeurait 150, rue Bougeaud à Lyon. Il fréquentait les réunions publiques et participa aux « faits insurrectionnels du 22 mars à Lyon en qualité de membre de la commission provisoire de la Commune ». Il tenait un débit de vins, place des Brotteaux.
Affilié à l’Internationale, il prit part au mouvement communaliste et fut nommé délégué à la commission exécutive proclamée par le peuple sur la place publique à Lyon le 26 mars 1871. Le conseil de guerre le condamna par contumace, le 2 septembre 1871, à la déportation dans une enceinte fortifiée.
Réfugié à Genève, il devint adhérent, entre juillet et octobre 1871, de la section centrale de Genève (marxiste) de l’AIT, avec Gustave Lefrançais*, Benoît Malon* et Ostyn*. Dans Philémon, vieux de la vieille, Lucien Descaves le représentait comme « robuste, énergique, le cœur, la langue et les bras toujours à la besogne ». Il appartint en Suisse à la Fédération jurassienne. Avec Charles Alerini*, Paul Brousse*, Jules Montels* et Jean-Louis Pindy*, il représenta diverses sections françaises au VIe congrès de l’AIT (anti-autoritaire), à Genève, du 1er au 6 septembre 1873. À ce congrès, Perrare se prononça pour que l’AIT soit réservée aux ouvriers manuels. « Ce qu’il ne nous faut pas, déclara-t-il, ce sont des hommes qui en savent trop et qui nous égarent par leurs belles phrases. » (d’après James Guillaume, L’Internationale, t. III, p. 126).
En 1876, il appartenait, avec Dumay, François Dumartheray et Lauprêtre, à la section L’Avenir, de Genève, de la Fédération jurassienne. Cette section fut la première, selon Max Nettlau*, à propager le communisme anarchiste.
Il fut gracié par la République française le 26 avril 1879, mais protesta contre cette faveur et ne rentra pas aussitôt en France.. Le 18 mars 1881 il prit la parole, avec Kropotkine et d’autres, dans un meeting à Genève pour commémorer la Commune et célébrer l’exécution du tsar Alexandre II.
En 1885, Antoine Perrare fut une des cibles de l’enquête menée par les autorités suisses sur les anarchistes. Il était alors proche du Révolté et de l’Imprimerie jurassienne, et membre de la section de propagande avec entre autres Jean Grave, Georges Herzig et Dumartheray.
Il fut expulsé de Genève (avec Ferdinand Niquet*, Toussaint Bordat et Philippot) en juillet 1889, « à la suite de leur intervention tumultueuse dans une assemblée de déserteurs français ».
Il revint alors s’installer en France, à Lyon puis à Paris, où il milita dans le mouvement anarchiste. Selon Jacques Gross, il tenait un magasin de vélos et
demeurait place du Trocadéro. Celui-ci fut détruit par le feu en 1892. Perrare travailla alors quelque mois à l’usine dirigée par Paul Reclus à Varengeville, près de Nancy.
À sa mort, Le Libertaire commenta : « Faisant taire sa souffrance, jusqu’à son dernier jour, il ne cessa de propager ses idées. »

ŒUVRE : Perrare figure parmi les 54 signataires d’une adresse des « proscrits de la Commune » Au citoyen Garibaldi, Genève, 27 janvier 1875, quatre pages imprimées (IFHS). Il signa également deux brochures de propagande anarchiste parues à Genève en 1876 : Aux travailleurs manuels de Lyon et Encore un soufflet. Aux Lyonnais, 8 p. in-8°.

SOURCES : État civil du Rhône, état civil Alpes Maritimes. — Arch. Nat. BB 24/866, n° 7507. — Arch. PPo. BA/431, 432, 433 et 434, listes de contumaces et listes d’exilés. — Arch. dép. Aube, 1 M 640 — Gazette des Tribunaux, août-septembre 1871.— Rapport sur l’enquête relative aux menées anarchistes en Suisse adressé au Conseil fédéral suisse par Édouard Müller, procureur général de la Confédération, Berne, Feuille fédérale 1885, aussi publié en volume. — Lucien Descaves, Philémon, vieux de la vieille, 1913. — Archives Jacques Gross, IISG Amsterdam. — Le Libertaire du 30 mars 1912 — Note de Dominique Petit.

Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Marianne Enckell

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