HOYEZ Roger [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Charpentier en fer. Militant anarcho-syndicaliste de la CGT et membre de l’Alliance syndicaliste.

Roger Hoyez, qui habitait 3 rue Marcel Sembat (Paris 18), était dans les années 1950 le secrétaire du syndicat CGT des charpentiers en fer. Syndicaliste révolutionnaire, opposé à la mainmise du parti communiste, il dut au moins à une reprise occuper avec d’autres camarades et d’une façon « musclée » le siège de la CGT pour pouvoir obtenir le renouvellement des cartes de son syndicat. Toutefois lors des évènements de Hongrie en 1956, il participa à la défense armée du siège du parti communiste lors d’une attaque par les groupes fascistes.

Il participa ensuite très activement aux mouvements de grève qui éclatèrent sur le chantier d’édification du pont de Tancarville. En mai 1958, il fut sans doute à l’origine de l’adhésion du syndicat CGT des charpentiers en fer au Comité d’action révolutionnaire, opposé au putsch de De Gaulle, auquel avaient notamment adhéré la Fédération anarchiste, les Groupes anarchistes d’action révolutionnaire (GAAR), le Parti communiste internationaliste (PCI), Pouvoir ouvrier, Socialisme ou Barbarie, l’Ecole émancipée, le Mouvement indépendant des auberges de jeunesse et le Comité d’action et de liaison pour la démocratie ouvrière (CLADO). Ce comité, dont le siège était au 3 rue Ternaux (Paris 11e arr.) au local de la Fédération anarchiste, fut à l’origine d’un Appel aux travailleurs édité en affiche et dénonçant les menées fascistes.

Au début des années 1970, Hoyez participa avec entre autre Jacques Toublet* à la fondation à la Bourse du travail de Paris du regroupement Alliance Syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste (ASRAS) ; il fut nommé directeur des premiers numéros de son organe Solidarité Ouvrière (Paris, au moins 101 numéros d’avril 1971 à mai 1982) avant d’être remplacé par Georges Yvernel. L’Alliance syndicaliste regroupait des militants anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires appartenant aux diverses confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO).

A la fin des années 1970, lors d’entretiens, il se montrait de plus en plus critique du syndicalisme et préférait se définir comme anarchiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154603, notice HOYEZ Roger [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 3 mai 2014, dernière modification le 3 mai 2014.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : R. Bianco, « Un siècle de presse… », op. cit. — Entretiens avec R. Hoyez, 1976 — M. Joyeux, Sous les plis du drapeau noir..., op. cit.

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