Né le 25 décembre 1889 à Fontainebleau, mort à Nogent sur Marne le 15 mai 1912 ; terrassier ; anarchiste individualiste, illégaliste.

Octave Garnier (1908)
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Orphelin de père, Octave Garnier fut élevé par sa mère et son jeune beau-père, terrassier et syndiqué. Il commença à travailler à treize ans comme boulanger. Il subit trois condamnations à de courtes peines de prison pour vol ou pour faits politiques avant l’âge de vingt ans. Du fait de ses antécédents judiciaires, il ne trouva plus à s’employer dans le secteur de la boulangerie et devint terrassier. Sa participation à une grève lui valut d’être durement frappé par la police et emprisonné pendant trois mois.
Il se radicalisa alors et commença à adhérer aux valeurs anarchistes individualistes. Pour échapper au service militaire, il quitta la France pour la Belgique en août 1910. Là, il fit la connaissance d’anarchistes individualistes belges tels que Callemin*, Carouy* et De Boë* ainsi que d’insoumis français comme Metge*. Recherché pour vol, il dut quitter la Belgique.
il revint à Paris en mars 1911 et s’installa à Romainville au siège de l’anarchie, avec sa compagne Louise Vuillemin, Carouy et Metge. Il observait un régime strictement végétarien et abstinent et pratiquait la culture physique, suivant l’idéal de perfectionnement intellectuel, physique et moral des individualistes.
Le 21 décembre 1911, il participa aux côtés de Jules Bonnot* au hold-up de la rue Ordener et tira sur un garçon de recettes, le blessant grièvement. Il fut impliqué dans toutes les actions attribuées dans les mois suivants à « la bande à Bonnot » et était activement recherché par la police. Réfugié avec René Valet* dans un pavillon de Nogent-sur-Marne, il y soutint un siège de plusieurs heures contre les forces de l’ordre assistées par plusieurs régiments. Ce combat titanesque s’est déroulé devant des milliers de curieux le 15 mai 1912. Il fallut utiliser la dynamite pour venir à bout de la résistance des deux assiégés et pour pouvoir extraire du pavillon éventré leurs corps criblés de balles.
Dans les jours qui ont précédé sa mort, Octave Garnier a rédigé en quelques pages des mémoires dans lesquelles il tentait d’éclairer son itinéraire et déclinait le thème de l’imprescriptible droit à vivre sa vie revendiqué par les anarchistes individualistes : " C’est parce que je ne voulais pas vivre la vie de la société actuelle et que je ne voulais pas attendre que je sois mort pour vivre que je me suis défendu contre les oppresseurs par toutes sortes de moyens à ma disposition."

SOURCES : Archives de la préfecture de police, EA140 ;EA141, affaire Bonnot. — Le Matin et Le Journal, mai 1912.

Anne Steiner

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