GANDREY Charles [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche

Né le 25 avril 1888 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ; ouvrier cimentier ; anarchiste et syndicaliste.

Charles Gandrey était le demi-frère du syndicaliste anarchiste Jules Massot*. En 1912, il était membre du conseil d’administration du syndicat général du Bâtiment de la Seine, et fut gérant du Libertaire d’août 1912 à août 1913.

Le 3 mars 1913, il présida, salle des Sociétés-savantes, à Paris 6e, un meeting contre la répression dont la FCA était victime.

Le 12 avril 1913, Charles Gandrey fut désigné secrétaire de la FCA. Il s’agissait en fait d’une désignation de pure forme. La FCA devait imprimer 50 000 brochures intitulées Contre les armements, contre la loi de trois ans, contre tout militarisme. Léon Jahane* et Lucien Belin*, secrétaire et trésorier de l’organisation, refusèrent d’endosser la responsabilité des poursuites judiciaires qui ne manqueraient pas de s’ensuivre. Finalement Charles Gandrey prit la responsabilité légale, Jahane et Belin conservant officieusement leurs fonctions. Il était, à la même époque, trésorier des Amis du Libertaire. Il résidait alors 52, boulevard de Belleville.

Comme attendu, Charles Gandrey fut poursuivi par la justice pour la brochure Contre les armements, contre la loi de trois ans, contre tout militarisme. À la même époque, il fut poursuivi pour deux articles parus dans Le Libertaire et signés de « Édouard Lebreton » (Édouard Sené) et de Lucien Léauté*. Début juin, il préféra se réfugier en Belgique pour échapper aux diverses poursuites dirigées contre lui. Il s’installa au 94, rue de l’Église-Sainte-Anne à Koekelberg-lez-Bruxelles ; Le Libertaire communiqua sa nouvelle adresse, et sa maîtresse Marie Bertin, (née le 16 avril 1892 à Saint-Ouen) vint le rejoindre le 16 juillet.

À la fin août, il était pourtant de retour à Paris pour préparer la dissolution de la FCA et la mise sur pied, à la place, de l’union régionale parisienne de la FCAR.

Le 6 janvier 1914, il fut condamné par contumace par la 9e chambre du tribunal correctionnel à dix-huit mois de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance » pour la brochure, à six mois pour l’article de Sené. Le 13 janvier, la même chambre le condamna à six mois de prison pour l’article de Léauté.

Pendant la guerre, en Belgique, il aurait été condamné par les Allemands à trois ans de prison pour « espionnage » et interné en Allemagne.

Après la guerre, il retourna en Belgique avec sa maîtresse. Le 25 avril 1920, l’hebdomadaire Le Libertaire publia sa lettre ouverte à Claude Content intitulée « Au sujet des mufles ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154583, notice GANDREY Charles [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 3 mai 2014, dernière modification le 29 décembre 2014.

Par Jean Maitron, notice revue par Guillaume Davranche

SOURCES : AN F7/13053 et 13061 — Arch PPo GA/G12 — Le Libertaire du 29 août 1913, du 20 juin 1914 et du 25 avril 1920 — Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914), L’Insomniaque/Libertalia, 2014.

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