Né le 24 février 1862 à Nantes, mort le 25 octobre 1894 en Guyane ; employé de commerce, manœuvre ; gérant du journal Le Père Peinard.

Ancien élève de l’École professionnelle de Nantes où il avait travaillé cinq ans comme employé aux écritures aux Forges et Chantiers de la Loire, , Auguste Faugoux, marié et domicilié 37 rue de l’Union à Asnières, avait été condamné à Paris, le 24 novembre 1885, à 25 fr. d’amende pour "ivresse et outrages aux agents". En 1889 il avait été candidat abstentionniste lors des élections législatives et selon un rapport du procureur (18 décembre 1893) avait été avec Victor Cails et Régis Meunier l’un des animateurs du syndicat des hommes de peine de Nantes, fondé le 10 février 1890.
Il remplaça Lucien Weill* comme gérant du journal d’Emile Pouget*, Le Père Peinard, en avril ou mai 1890. Le 8 décembre, il fut à ce titre condamné par la cour d’assises de la Seine à deux ans de prison pour apologie du meurtre, du pillage et de l’incendie et de la désobéissance des militaires. Il s’enfuit en Espagne, puis gagna Marseille et, sous le nom de Martin, Genève dont il fut expulsé, Lausanne où il travailla comme ouvrier cordonnier dans une fabrique, Londres puis Bruxelles, et revint à Paris en décembre 1891.
Il fut condamné par la cour d’assises de Versailles, le 27 juillet 1892, à vingt ans de travaux forcés et à vingt ans d’interdiction de séjour pour vol de dynamite à Soisy-sous-Étiolles dans la nuit du 14 au 15 février, avec la complicité de Ravachol*, Chevenet*, Drouhet et Étiévant*.
Au lendemain de sa condamnation aux assises, il écrivit à Constant Martin* pour le remercier d’un envoi d’argent et à propos de son co-accusé Drouhet disait : "Je lui pardonne son peu de franchise à mon égard. Il a peu d’instruction et a cru par ce moyen se soustraire à la justice. Ce compagnon, quoique convaincu, a le sentiment de la famille et c’est un puissant moteur. Lorsqu’il a pensé à la lutte et à la misère qu’aurait à supporter sa femme et son enfant, il a oublié qu’il était anarchiste. Ne lui en voulons pas et tendons-lui la main."
Faugoux fut transporté en Guyane avec d’autres anarchistes dont Léon Lepiez*, Paridaën, Charles Antoine Simon* dit Biscuit, Benoît Chevenet et Maxime Thiervoz. Tous furent débarqués à la réclusion de l’île Saint Joseph où Faugoux allait tomber malade. Clément Duval, dans ses mémoires, écrivait à son propos : « On le laissa sans soins ; la diarrhée qu’il avait contractée par ce changement de climat, le surmenage, la mauvaise nourriture, s’aggrava. Au lieu de l’envoyer à l’hôpital où il aurait eu quelques soins, on le mit à l’infirmerie, où il n’y avait rien, un peu de quinine, de bismuth, et comme nourriture, celle du camp. Aussi il y resta trois semaines et fut envoyé à l’île Saint Joseph pour se servir de la pelle et de la pioche, rouler de gros blocs de pierre, ce dont il n’avait pas la force... Tous les soirs, avant l’appel, je profitais que la porte restait ouverte pour aller voir ces camarades, et m’entretenais avec Faugoux que je fus à même d’apprécier comme étant vraiment sous tous les rapports un bon, énergique, courageux camarade ».
Toujours malade Faugoux, qui avait le matricule 25696, fut ensuite transféré à l’infirmerie de l’Ile Royale où il mourut de la dysenterie le 25 octobre 1894.

SOURCES : J. Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste, op. cit.Le Père Peinard, 7 au 14 août 1892 — C. Duval, Moi Clément Duval, bagnard et anarchiste…, op. cit. Le Libertaire, 27 février 1896 — AOM, matricule 25696 — Arch. Dép. Marne, 30M73 — Flor O’Squarr, Les coulisses de l’anarchie, op. cit. — Arch. Nat. BB 18 6449 — L’Union Bretonne, 29 juillet 1892 (Procés de Soisy) — Notes de Dominique Petit.

Rolf Dupuy, Marianne Enckell

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