Né à Paris le 29 mai 1875 ; employé de banque ; anarchiste puis hervéiste.

Adolescent, Émile Méo suivit les cours de l’École professionnelle de typographie Gutenberg. Dès l’âge de 15 ans, il participa à des manifestations et, en 1894, il appartenait au groupe anarchiste Les Égaux du XVIIe.
En janvier 1899, selon Henri Zisly*, il participa à l’éphémère journal Le Camarade.
Il s’intéressa aux « milieux libres » et administra La Revue communiste (Paris), fondée par les adhérents de la colonie communiste anarchiste de Vaux (Aisne), le premier « milieu libre » créé en France sous l’impulsion notamment de Georges Butaud* et d’Henri Beylie*. La revue n’eut que 5 numéros entre décembre 1903 et mars 1904. Contrairement à ce qui est indiqué sur la couverture, elle était imprimé à Liège (Belgique) par Georges Thonar*.
Début 1908, Émile Tissier était membre du Comité de secours aux détenus, et chargé de mener campagne en faveur d’E. Armand* qui était emprisonné à la Santé au régime de droit commun dans une affaire d’émission de fausse monnaie.
Secrétaire du Comité de défense sociale à partir de 1909, il fut le secrétaire de rédaction du Bulletin du Comité de défense sociale, qui sortit 7 numéros de décembre 1909 à octobre 1912.
Le 24 mars 1910, il fut parmi les 16 signataires de l’affiche « A bas Biribi » imprimée par le CDS pour réclamer justice dans l’affaire Aernoult-Rousset (voir Albert Dureau). Les seize signataires passèrent en procès les 4 et 5 juillet pour provocation au meurtre et à la désobéissance, et furent acquittés. Cette comparution en cour d’assises provoqua néanmoins le renvoi de Tissier de la banque où il travaillait. Il devint ensuite rédacteur à La Guerre sociale de Gustave Hervé.
Au printemps 1910, il fut membre du Comité antiparlementaire qui mena la campagne abstentionniste (voir Jules Grandjouan).
Début 1912, au nom du CDS, il intercéda auprès des autorités militaires pour adoucir le sort du soldat Victor Bintz*.
En mars 1912, il appartint, avec Charles Albert*, au Comité antiparlementaire révolutionnaire – impulsé par la FRC – qui mena une campagne abstentionniste à l’occasion des élections municipales de mai (voir Henry Combes). Ce comité rassemblait 25 personnalités anarchistes et/ou syndicalistes révolutionnaires. Mais il s’en retira début avril après avoir pris la parole dans un meeting du comité le 29 mars.
Il claqua la porte du CDS après la réunion houleuse du 27 juillet (voir Miguel Almereyda).
Dans La Guerre sociale du 10 décembre 1912, il cosigna la déclaration « Pourquoi nous entrons au Parti socialiste » avec six autres « libertaires de La GS » : Miguel Almereyda*, René Dolié*, Émile Dulac*, Goldsky*, Eugène Merle* et Albert Rigaudie*.
Il continua sa collaboration à La Guerre sociale durant la guerre lorsque, changeant de titre, elle devint La Victoire.
Fidèle de Gustave Hervé, il le suivit dans son évolution et fut dans l’entre-deux-guerres militant du Parti socialiste national (PSN) fondé par Hervé. Aux législatives d’avril 1928 il se présenta sous cette étiquette dans la 1re circonscription du 11e arrondissement et obtint 201 voix (2 % des suffrages exprimés).

SOURCES : AN F7/13053 (Méo). — Arch PPo BA/1513.— Le Libertaire du 5 janvier 1908. — Hubert-Rouger, La France socialiste, Quillet, 1912, p. 135. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, Publication sociale, 1924, p. 942. — Le Semeur du 21 avril 1926. — Le Matin du 23 avril 1928. — René Bianco, Cent ans de presse…, op. cit.. — notes de Rolf Dupuy.

Guillaume Davranche

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