PERRIER Élisée [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 1er octobre 1913 à Aimargues (Gard) , morte le 10 octobre 1992 à Uzès ; ouvrier agricole ; militant anarchiste et syndicaliste du Gard.

Ouvrier agricole dans les vignes depuis l’âge de treize ans, Elisée Perrier était le fils de Marcel et de Marie Pourreau. Il fut condamné en 1927 à une peine de prison avec sursis, suite à une action contre l’école libre. Marié, il était, comme son frère Paul Perrier*, militant dans les années 1930 du groupe libertaire d’Aimargues et du syndicat autonome des ouvriers agricoles animé par les libertaires.

Membre de la commission des fiinances du syndicat, il fut sollicité à plusieurs reprises pour négocier lors de conflits. Lors du Conseil de révision de 1933 à Vauvert, avec plusieurs autres militants d’Aimargues dont Etienne Chatellier* et André Roux, il alla « accueillir » le préfet au chant de l’Internationale.

En 1939, il ne répondit pas à l’ordre de mobilisation et fut signalé comme insoumis dans une lettre du Commandant du dépôt colonial d’infanterie de Toulon adressée au Préfet du Gard. Arrêté en janvier 1940 pat la gendarmerie d’Apt et déféré au Tribunal militaire de la 15ème région à Marseille, il fut condamné à 5 ans de prison pour insoumission et resta interné dans un camp pendant toute la guerre.

À la Libération il fut de ceux qui souhaitèrent reconstruire le groupe libertaire et milita au groupe local de la Fédération anarchiste (FA) et au syndicat autonome reconstitué, qui périclita bientôt suite à l’implantation après guerre de la CGT. Puis il fut l’animateur du syndicat CNT des ouvriers agricoles et participa activement aux grèves de l’après-guerre (juin 1947, avril 1948, mai 1950) dont il fit souvent le récit dans les colonnes du Libertaire et du Combat Syndicaliste. Lors de l’importante grève déclenchée à la mi-avril 1948 par les ouvriers viticoles d’Aimargues, il fut l’un des membres du comité de grève formé de cinq syndiqués CNT et de cinq syndiqués CGT. Au bout de quelques semaines cependant, la discorde l’emporta et les anarchistes accusèrent le maire communiste d’Aimargues, Joseph Chatellier*, de chercher à enterrer le mouvement. Perrier fut alors accusé par les communistes d’avoir détourné de l’argent de la caisse de grève. Le secrétaire général de la CNT, Pierre Jacquelin*, ainsi que la commission syndicale de la FA prirent sa défense (Le Libertaire des 21 et 28 mai 1948).

Dans les années 1950 Élisée Perrier collabora à la série mensuelle de Contre Courant de Louis Louvet*.

Élisée Perrier fut l’auteur de l’article nécrologique de Paul Roussenq* dans le Libertaire du 19 août 1949.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154496, notice PERRIER Élisée [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 24 avril 2014, dernière modification le 24 avril 2014.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. Dép. Gard, 1M756 et 1W173 — Contre Courant, année 1952 — Libertaire, années 1948 & 1950 — Combat Syndicaliste, années 1948 & 1950 — M. Falguières, Jean Jourdan..., op. cit. — Notes D. Vidal.

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